Sommet de l’élevage 2026, Grande Halle d’Auvergne, Cournon-d’Auvergne, du 6 au 9 octobre. CNMS et SASU P. Naudot, espace extérieur, stand E3-54. Sommet d’Or 2026, catégorie Équipement d’élevage.
Retrouvez toutes les nouveautés lait, les palmarès et le programme du salon sur notre page Sommet de l’élevage 2026.
Après deux saisons marquées par la fièvre catarrhale et l’arrivée de la dermatose nodulaire contagieuse, la lutte contre les insectes piqueurs est devenue un sujet de premier plan dans les élevages. C’est dans ce contexte que le jury des Sommets d’Or a primé Lutte-Vecto, un portique qui traite les bovins tout seul, à chaque fois qu’ils passent dessous.
Comment fonctionne le portique
Lutte-Vecto se place sur un point de passage obligé du troupeau : entrée de pâture, point d’eau, accès à l’auge ou au couloir. Quand un animal passe, le dispositif le détecte, de façon optique ou mécanique, et pulvérise un répulsif sur les flancs, le dos, l’encolure et l’abdomen, selon la description du dossier rapportée par Réussir. L’éleveur règle une fréquence, c’est-à-dire le nombre de passages au bout duquel la protection est renouvelée, en fonction de la durée d’action du produit. L’appareil fonctionne sur batterie, éventuellement rechargée par un panneau solaire. Il comporte un système limitant la dérive de pulvérisation et un bac de rétention pour protéger le sol.
La fiche du lauréat publiée par le Sommet présente l’appareil comme une protection collective du troupeau au pâturage, « sans intervention humaine ni insecticides chimiques », avec un bio-répulsif d’origine naturelle : huiles essentielles, extraits végétaux ou formulations dérivées. Sur son site, le fabricant résume l’intérêt pour l’éleveur : des bovins qui ne sont plus harcelés, et « moins d’astreinte » que l’application bête par bête.
Qui le fabrique, et à quel prix
Le portique est porté par deux petites entreprises de Bourgogne. CNMS, pour Coppeaux Nicolas Mécano Soudure, est installée à Bard-lès-Époisses, en Côte-d’Or ; son gérant, Nicolas Coppeaux, était présenté en 2023 par Réussir comme éleveur de chèvres laitières. La SASU P. Naudot, à Nitry dans l’Yonne, est un cabinet de conseil dirigé par Patrick Naudot. Les deux avaient déjà travaillé ensemble sur une cage de contention réglable, présentée en 2024.
Le site de CNMS affiche le « Modèle roulant » à « > 4200 €HT ». Le nom du répulsif utilisé, la contenance du réservoir et l’autonomie ne sont pas publiés.
Ce que disent les sources sanitaires sur les répulsifs naturels
Le portique est un applicateur : son efficacité dépend du produit qu’on met dedans. Or les sources disponibles appellent à la prudence sur les répulsifs à base d’huiles essentielles.
- Contre les culicoïdes, les moucherons qui transmettent la FCO et la MHE, un document technique de GDS France rédigé par une chercheuse du Cirad indique que « les huiles essentielles n’ont aucune efficacité prouvée ».
- Contre les stomoxes, les mouches piqueuses qui, avec les taons, transmettent la dermatose nodulaire selon GDS France, des essais publiés sur des formulations à base d’huile de cataire ont mesuré une protection forte mais courte, de quelques heures. D’où l’intérêt, en théorie, d’une application répétée à chaque passage ; les sources consultées ne montrent pas que cela suffise à freiner la transmission d’une maladie.
Côté réglementation, un répulsif appliqué sur l’animal relève en principe des produits biocides (type 19, répulsifs), soumis à autorisation de mise sur le marché ou, tant que leurs substances sont en cours d’évaluation européenne, à un régime transitoire. L’Agence nationale du médicament vétérinaire précise que ces produits ne doivent porter aucune allégation de prévention des maladies animales. Pour certains mouvements en zone réglementée DNC (bovins de zone indemne passant par un marché ou un centre de rassemblement en zone de vaccination avant de retourner en élevage), l’instruction officielle du 21 août 2026 exige une protection individuelle contre les vecteurs « avec un produit efficace et autorisé sur le marché ».
Les questions à poser sur le stand E3-54
- Quel répulsif est recommandé avec le portique, et sous quel statut réglementaire (autorisation ou déclaration biocide) ?
- Quelle durée de protection par passage, et sur quels insectes a-t-elle été mesurée ?
- Sur des vaches laitières : y a-t-il une précaution pour le lait ou pour la traite ?
- Quelle autonomie sans soleil, quel volume de produit par saison et par animal ?
- Combien de portiques sont déjà en service, et avec quels résultats ?
Le portique répond à une vraie contrainte de travail, traiter un troupeau au pré sans le rassembler. Il ne remplace ni la vaccination ni les mesures prescrites par les services vétérinaires en cas de maladie réglementée. Sur la suite de la vaccination contre la DNC, lire notre article DNC : l’administration a déjà écrit la règle de l’après-vaccination.
Les autres lauréats sont présentés dans notre article Sommets d’Or 2026. Tous les palmarès et les nouveautés du salon sont réunis sur notre page Sommet de l’élevage 2026 : nouveautés lait, palmarès, programme.
Sources
- Sommet de l’élevage, lauréat Équipement d’élevage 2026 : sommet-elevage.fr
- CNMS, page produit Lutte-Vecto : cnmsagri.fr
- Réussir, « Sommet de l’Elevage 2026 : qui sont les lauréats des Sommets d’Or ? », Nathalie Marchand, 3 juillet 2026 : reussir.fr
- Réussir, « CNMS : inédit, un bac à eau à deux niveaux d’abreuvement », 27 octobre 2023 : reussir.fr
- Réussir, « Prototype : une cage de contention qui s’ajuste aux gabarits des bovins », 2 juin 2024 : reussir.fr
- GDS France, gestion des vecteurs (Cirad, relu par la SNGTV), 27 octobre 2023 (PDF) : gdsfrance.org
- GDS France, fiche réflexe dermatose nodulaire contagieuse, 22 décembre 2025 (PDF) : gdsfrance.org
- Instruction technique DGAL/SDSBEA/2026-502 du 21 août 2026, DNC, conditions de mouvement (PDF) : gdsfrance.org
- Zhu et al., huile de cataire contre les stomoxes, Medical and Veterinary Entomology, 2012 : pubmed.ncbi.nlm.nih.gov
- ANMV (Anses), note sur le statut juridique du médicament vétérinaire au regard des produits à base de plantes, 25 septembre 2013 (PDF) : veterinaire.fr
La Rédaction