Beurre : des cours au plus bas depuis 5 ans : ce que le retournement change pour l’artisan laitier
En quelques mois, le prix du beurre s’est effondré : divisé par deux au creux de l’hiver 2026, il reste, cet été, très loin des records de 2025. Derrière ce retournement se cache une réalité à double tranchant pour l’artisan : une pression de plus sur le prix du lait d’un côté, une matière première moins chère de l’autre.
Après un été 2025 de tension record, le marché du beurre a complètement changé de visage. À la fin juin 2026, la cotation du beurre standard industriel (82 % de matière grasse) s’établissait à 4 163 €/tonne (Agri-Mutuel, 29 juin). C’est déjà une remontée par rapport au creux de l’hiver : en janvier 2026, la cotation spot Atla du beurre cube était tombée sous les 4 000 €/tonne (jusqu’à 3 800 €/t), au plus bas depuis février 2021 — soit environ la moitié du pic de 7 640 €/tonne atteint en juillet 2025. Autrement dit : un marché qui se redresse timidement, mais qui reste très loin des sommets de l’an dernier.
Pourquoi le beurre a-t-il autant chuté ?
La cause tient à un net retournement de l’offre. La collecte laitière européenne est repartie à la hausse (+1,3 % sur les onze premiers mois de 2025 selon Eurostat), et cette hausse s’est traduite avant tout par un rebond des fabrications de beurre : +6 % en Europe, et +4,7 % en France pour le beurre et la matière grasse laitière anhydre (MGLA), selon l’Enquête mensuelle laitière (SSP/FranceAgriMer). À l’échelle mondiale, la Nouvelle-Zélande a accru ses exportations de beurre de près de 15 % sur l’année 2025, et les États-Unis ont écoulé un beurre abondant à bas prix. Résultat : après des mois de pénurie, le marché s’est retrouvé largement fourni, et les cours ont dévissé.
Beurre standard industriel : 4 163 €/t au 29 juin 2026 (Agri-Mutuel).
Creux hivernal : < 4 000 €/t en janvier 2026 (jusqu’à 3 800 €/t), au plus bas depuis février 2021 — environ la moitié du pic de 7 640 €/t de juillet 2025.
Sources : Agri-Mutuel (29/06/2026), cotations Atla / FranceAgriMer, relevés hiver-été 2026.
Un effet à double tranchant pour l’artisan
Pour le transformateur laitier, cette baisse ne se lit pas d’une seule manière. Tout dépend de quel côté de la baratte on se trouve.
Si vous vendez du beurre ou de la crème — crémier fermier, barattier artisanal — la chute des cours pèse directement sur votre valorisation. Elle affecte aussi, indirectement, le prix payé au producteur : l’indicateur « beurre-poudre », qui entre pour près d’un tiers dans la formule du prix du lait, a reculé d’environ 140 €/1 000 litres sur un an. Autrement dit, la faiblesse du beurre tire le prix du lait vers le bas, dans une année déjà difficile.
À l’inverse, si vous achetez de la crème ou du beurre comme matière première — pour fabriquer de la glace, de la pâtisserie, des yaourts brassés ou du fromage frais — la baisse est une bonne nouvelle. Votre poste d’ingrédient s’allège, et la fenêtre est particulièrement favorable pour tester ou développer un débouché gourmand à forte marge.
Vers une remontée des cours ?
La remontée est d’ailleurs déjà amorcée : de 3 800 €/t en janvier, le beurre industriel est repassé à 4 163 €/t fin juin. Plusieurs signaux confortent cette tendance. Les enchères mondiales (Global Dairy Trade) ont donné des signes de reprise en début d’année, et surtout les industriels européens s’orientent en 2026 davantage vers le fromage que vers le beurre — ce qui devrait, à terme, réduire l’offre de matière grasse et soutenir les cours. La poudre de lait, de son côté, montre déjà une tendance plus ferme. Rien n’est acquis, mais le point bas de 2026 pourrait être derrière nous.
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Questions fréquentes
À combien est le prix du beurre en 2026 ?
Fin juin 2026, le beurre standard industriel (82 % de matière grasse) cotait 4 163 €/tonne (Agri-Mutuel, 29 juin). Il était descendu jusqu’à 3 800 €/t en janvier 2026, au plus bas depuis février 2021, avant d’amorcer une remontée.
Pourquoi le prix du beurre baisse-t-il ?
Parce que l’offre est repartie à la hausse : la collecte laitière européenne a progressé (+1,3 % sur les onze premiers mois de 2025) et s’est traduite par un rebond des fabrications de beurre (+6 % en Europe, +4,7 % en France pour le beurre et la MGLA), auquel s’ajoute un beurre néo-zélandais et américain abondant et bon marché sur le marché mondial.
Est-ce une bonne ou une mauvaise nouvelle pour l’artisan ?
Les deux. Pour qui vend du beurre ou de la crème, la baisse pèse sur la valorisation et, indirectement, sur le prix du lait. Pour qui achète de la crème comme ingrédient (glace, pâtisserie, fromage frais), c’est une matière première moins chère et une fenêtre d’opportunité.
Les prix vont-ils remonter ?
Plusieurs signaux (reprise des enchères mondiales, réorientation des industriels vers le fromage, tenue plus ferme de la poudre de lait) plaident pour une stabilisation, voire une remontée progressive. Rien n’est garanti, mais le point bas de 2026 semble proche.
— La Rédaction de Transformation-Laitiere.fr