Plan CASI : plus d’un milliard d’euros annoncé le 4 septembre, ce qu’un éleveur laitier transformateur peut en attendre

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Plan CASI : plus d’un milliard d’euros annoncé le 4 septembre, ce qu’un éleveur laitier transformateur peut en attendre

Publié le 4 septembre 2026 · Par La Rédaction
Vaches au pâturage dans un champ aux herbes jaunies en fin d'été, collines à l'horizon
Le plan CASI vise en premier lieu la trésorerie des exploitations et l’achat de fourrages. Photo d’illustration.

Décrit le 5 août comme un plan global d’accompagnement alors « en cours de préparation », reporté du 3 au 4 septembre, le plan « Canicule – Sécheresse – Incendies » (CASI) a été présenté vendredi matin en conférence de presse. Plus d’un milliard d’euros, un montant clé laissé en suspens — et, pour l’artisan qui transforme son propre lait, un interlocuteur qui n’est pas Paris mais sa préfecture.

Ce qui a été annoncé, et par qui

Annie Genevard, ministre de l’Agriculture, de l’Agro-alimentaire et de la Souveraineté alimentaire, a présenté le vendredi 4 septembre 2026, en conférence de presse, le plan CASI. Le communiqué du ministère du 5 août 2026 développe le sigle en « Canicule – Sécheresse – Incendies » ; plusieurs comptes rendus du 4 septembre le développent autrement, avec les mots climat, adaptation, sécheresse et incendies. Le montant annoncé est de plus d’un milliard d’euros, pris sur le budget de la nation, avec deux objectifs affichés : indemniser les pertes pour éviter les défaillances d’exploitations, et relancer la production. Le gouvernement chiffre à 30 000 à 35 000 le nombre d’exploitations aujourd’hui en grande difficulté.

Au moment où nous publions, le ministère de l’Agriculture n’avait rien mis en ligne sur agriculture.gouv.fr à propos des annonces du 4 septembre : son fil d’actualité s’arrête au 3 septembre à 17 h, sa page d’accueil et son dossier « Mesures gouvernementales pour les agriculteurs » n’ont pas bougé. Les montants ci-dessous proviennent donc de deux comptes rendus indépendants de la même conférence de presse, cités en fin d’article. L’existence du plan et le contexte de sécheresse, eux, sont documentés par le communiqué officiel du 5 août 2026.

Ces deux comptes rendus ne donnent pas le même montant pour l’abondement de l’indemnité de solidarité nationale : l’un écrit 520 millions d’euros, l’autre 530. Nous ne retenons aucun des deux tant que le chiffre officiel n’est pas publié. Les deux s’accordent en revanche pour dire que cette ligne représente environ la moitié du milliard.

Les enveloppes chiffrées

Mesure annoncée Montant
Indemnité de solidarité nationale (ISN), abondement Environ la moitié du milliard ; montant précis non retenu
Dégrèvement de taxe foncière sur les propriétés non bâties 330 millions d’euros
Fonds de « réarmement agricole » 235 millions d’euros
Prise en charge de cotisations sociales par la MSA 20 millions d’euros

Montants annoncés le 4 septembre 2026 et concordants entre les deux comptes rendus consultés. L’addition de ces lignes ne reconstitue pas le milliard : l’abondement de l’ISN, qui en représenterait environ la moitié, n’y figure pas faute de chiffre concordant.

Indemnisation : l’ISN abondée, l’acompte à 80 % annoncé dès le 31 juillet

Premier volet, l’indemnisation des pertes. L’ISN sera abondée « autant que de besoin » et ses procédures simplifiées pour accélérer les versements.

Attention à une confusion qui circule depuis vendredi matin : la possibilité, pour les assureurs, de verser jusqu’à 80 % d’acompte sur leurs indemnités aux agriculteurs assurés n’est pas une nouveauté du 4 septembre. Le ministère de l’Agriculture l’avait annoncée le 31 juillet 2026, dans un communiqué distinct ; le plan CASI la reprend. Elle est donc connue depuis fin juillet — mais c’est une faculté laissée à l’assureur, encadrée par des conditions que le communiqué détaille. Si vous êtes assuré, la question se pose dès aujourd’hui auprès de votre assureur, sans attendre la mise en oeuvre du plan.

Le régime des calamités agricoles, distinct, doit couvrir les pertes de fonds non assurables provoquées par un aléa climatique exceptionnel — les plantations pérennes, par exemple. Les dossiers y sont instruits selon la procédure de droit commun. Un seuil minimal de dommages de 1 000 euros par exploitation a été rappelé, selon les comptes rendus de la conférence de presse : c’est une condition nécessaire, à laquelle le régime des calamités en ajoute d’autres, notamment un rapport minimal entre les dommages et le produit brut théorique de l’exploitation. Ne comptez pas sur ce seul seuil pour juger de votre éligibilité.

Fourrage et semences : le fonds de « réarmement agricole » passe par les préfets

Le second volet vise la remise en production. Le fonds de « réarmement agricole » de 235 millions d’euros couvre l’Hexagone et les Antilles, et doit financer l’achat d’intrants : fourrages, semences, plants. Une partie de l’enveloppe est fléchée vers les exploitations touchées par les incendies de l’été.

Point décisif pour qui veut en bénéficier : ce fonds n’est pas un guichet national. Il est déployé par les préfets, département par département, avec des modalités qui pourront différer d’un territoire à l’autre. Les préfets devaient réunir les organisations professionnelles agricoles dès la semaine suivant l’annonce pour arrêter les montants et les critères de répartition. Quant aux cellules départementales sécheresse — dont la mise en place « sans délai » avait été demandée aux préfets dans le communiqué du 5 août, chacun devant y désigner un référent « sécheresse » —, elles seraient pérennisées.

Si vous achetez du fourrage ou des semences cet automne, conservez vos factures dès maintenant et faites-vous connaître de la cellule sécheresse de votre département, via la direction départementale des territoires ou votre chambre d’agriculture. Les critères n’étant pas nationaux, ils se décideront localement dans les jours qui viennent : c’est le moment où une remontée de terrain pèse encore.

Cotisations, taxe foncière, carburant, avances PAC

Vingt millions d’euros sont consacrés à la campagne de prise en charge de cotisations sociales agricoles par la Mutualité sociale agricole, avec pour objectif de soutenir dès l’automne les exploitations les plus fragilisées. Le dégrèvement de taxe foncière sur les propriétés non bâties est annoncé pour « les exploitations les plus touchées », sans que le critère de sélection ait été précisé. Le taux d’avance des aides de la politique agricole commune passe de 70 % à 75 %. Le guichet d’aide à l’achat d’engrais est prolongé jusqu’au 31 décembre 2026 — les comptes rendus ne disent pas si la prolongation porte sur la date limite de dépôt des demandes ou sur la période d’achats éligibles, deux calendriers distincts. Quant à l’aide à l’achat de gazole non routier, reconduite pour septembre et octobre, elle avait été annoncée la veille, le 3 septembre, par le gouvernement : le plan CASI la rappelle plus qu’il ne la crée.

Ces mesures visent l’exploitation agricole, pas l’atelier de transformation. Un fromager ou un yaourtier qui achète son lait sans détenir de foncier ni de surfaces déclarées à la PAC n’est concerné ni par le dégrèvement de taxe foncière sur les propriétés non bâties, ni par les avances PAC, ni par les dérogations aux règles de couverture des sols. En revanche, un producteur fermier qui transforme son propre lait relève bien, au titre de sa production, de l’ensemble du dispositif.

Un second plan attendu

La ministre a annoncé qu’un second plan, dit « de rebond », serait présenté dans les prochaines semaines. Son contenu dépendra des négociations budgétaires pour 2027.

Rappel du contexte, cette fois de source officielle : dans son communiqué du 5 août 2026, le ministère indiquait que 98 départements étaient concernés par la sécheresse, dont 57 placés en situation de crise, avec des restrictions importantes des usages de l’eau.

Questions fréquentes

Quand le plan CASI a-t-il été annoncé ?

Le vendredi 4 septembre 2026, en conférence de presse, avec un jour de retard sur le calendrier initialement prévu.

Que signifie le sigle CASI ?

Le ministère de l’Agriculture le développe, dans son communiqué du 5 août 2026, en « Canicule – Sécheresse – Incendies ». Plusieurs comptes rendus de la conférence de presse du 4 septembre le développent différemment, en « climat, adaptation, sécheresse, incendies ». Nous retenons la formulation de l’émetteur.

Comment demander l’aide du fonds de réarmement agricole ?

Le fonds est déployé par les préfets. Les modalités se décident au niveau départemental, après réunion des organisations professionnelles agricoles. Le point d’entrée est donc la préfecture, la direction départementale des territoires ou la chambre d’agriculture, pas un guichet national.

L’acompte d’assurance à 80 % est-il une nouveauté du 4 septembre ?

Non. Le plan CASI reprend cette possibilité, mais le ministère de l’Agriculture l’avait annoncée dès le 31 juillet 2026, dans un communiqué distinct. Les deux mesures portent sur l’acompte d’indemnité de solidarité nationale, que le plan du 4 septembre abonde par ailleurs et dont il simplifie les procédures.

Un atelier de transformation sans terres est-il concerné ?

Partiellement seulement. Les mesures foncières et les dérogations PAC supposent une exploitation agricole. La prise en charge de cotisations sociales et l’aide au carburant relèvent de règles propres, à vérifier auprès de la MSA et des services de l’État.

Sources
  • Ministère de l’Agriculture, de l’Agro-alimentaire et de la Souveraineté alimentaire, communiqué de presse du 5 août 2026, « Canicule, sécheresse, incendies : l’État renforce son soutien aux agriculteurs » : agriculture.gouv.fr (consulté le 4 septembre 2026).
  • Ministère de l’Agriculture, communiqué du 31 juillet 2026, « Canicules/sécheresse : les assureurs peuvent verser jusqu’à 80 % d’acompte sur leurs indemnités aux agriculteurs assurés » : agriculture.gouv.fr.
  • Réussir, « Sécheresse : le ministère de l’Agriculture annonce un plan à plus d’un milliard d’euros », 4 septembre 2026 : reussir.fr.
  • « Plan CASI : le Gouvernement débloque plus d’un milliard d’euros », 4 septembre 2026, Le Paysan Tarnais : paysantarnais.com.
Cet article rend compte d’annonces faites en conférence de presse. Il sera actualisé dès la publication du plan par le ministère de l’Agriculture.
— La Rédaction


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