Ventes de glaces : +25 % en un mois — pourquoi la glace fermière est LE débouché de l’été 2026
Pendant que le prix du lait recule et que le beurre se cherche, un rayon explose : la glace. +25 % de ventes en un mois, près de 675 millions d’euros dépensés depuis janvier. Pour l’artisan transformateur qui cherche à mieux valoriser son lait cet été, le signal est difficile à ignorer.
Les chiffres sont tombés début juillet et ils sont spectaculaires. Selon les données NielsenIQ arrêtées au 14 juin 2026 (hypermarchés, supermarchés, proximité, drive et e-commerce), les ventes de glaces en France ont bondi de 25 % en volume et 25 % en valeur sur les quatre semaines du 18 mai au 14 juin, par rapport à la même période de 2025. En cause, d’abord : les épisodes de fortes chaleurs qui se sont enchaînés dès la fin du printemps.
Mais l’Association des Entreprises des Glaces, qui relaie ces données, insiste : la météo accélère un mouvement de fond, elle ne l’explique pas à elle seule. Depuis le début de l’année, les volumes progressent de près de 10 %, et les Français ont dépensé 674,6 millions d’euros en glaces entre le 1er janvier et le 14 juin, soit 56 millions d’euros de plus qu’un an plus tôt (+9 % en valeur). L’innovation nourrit aussi la catégorie : en 2025, les nouveautés ont généré à elles seules 57,2 millions d’euros de chiffre d’affaires.
+25 % en volume et en valeur du 18 mai au 14 juin 2026 (vs 2025).
674,6 M€ dépensés en glaces depuis janvier (+56 M€, +9 %) ; volumes annuels en hausse de près de 10 %.
Source : NielsenIQ, données arrêtées au 14/06/2026, relayées par l’Association des Entreprises des Glaces.
Le bâtonnet, roi du rayon — et une leçon pour l’artisan
Dans le détail, ce sont les formats individuels qui tirent le marché. Les bâtonnets affichent +30 % en valeur et +27 % en volume sur les quatre dernières semaines mesurées, et s’imposent comme le premier segment du rayon, devant les cônes et les pots individuels. La demande va vers le pratique, le nomade, le prêt-à-consommer — exactement ce qu’un point de vente à la ferme, un marché de producteurs ou une remorque ambulante peuvent servir mieux que personne.
Sur le terrain, les artisans le confirment. Dans la Manche, un glacier artisanal de la Hague décrivait mi-juillet une fabrication en hausse de 20 à 30 % depuis le mois de mai par rapport aux autres années, portée par la chaleur (France Bleu / ici Normandie). Un cas isolé, certes — mais parfaitement aligné avec la tendance nationale mesurée en distribution.
Pourquoi cela concerne directement la ferme laitière
Pour un producteur ou un artisan transformateur, la glace coche une case rare : c’est un des débouchés qui valorise le mieux le litre de lait. Là où le lait standard se négocie autour de 415 €/1 000 litres (avril 2026, en baisse de près de 10 % sur un an selon FranceAgriMer), un litre de lait transformé en crème glacée fermière vendue au détail change complètement d’échelle de valeur. Et contrairement au yaourt ou au fromage frais, la glace se vend au moment précis où la collecte estivale coïncide avec le pic de demande touristique.
Autre atout dans le contexte actuel : la matière grasse. Avec des cours du beurre et de la crème industriels revenus très en dessous de leurs sommets de 2025, le coût matière d’une glace fermière s’est allégé pour ceux qui achètent un complément de crème — pendant que le produit fini, lui, se vend au prix fort de l’été.
Envie de transformer votre lait en glace fermière ?
Équilibrage d’un mix, pasteurisation, turbinage, réglementation : la glace fermière s’apprend. Des formations spécialisées en glacerie artisanale existent pour démarrer sur des bases solides, du premier mix à la vitrine.
Questions fréquentes
Les ventes de glaces augmentent-elles vraiment en 2026 ?
Oui. Selon NielsenIQ (données arrêtées au 14 juin 2026), les ventes ont progressé de 25 % en volume et en valeur du 18 mai au 14 juin par rapport à 2025, et de près de 10 % en volume depuis le début de l’année, pour 674,6 millions d’euros de dépenses.
Quels formats de glace se vendent le mieux ?
Les formats individuels, bâtonnets en tête : +30 % en valeur et +27 % en volume sur les quatre semaines mesurées. Le bâtonnet est devenu le premier segment du marché, devant les cônes et les pots individuels.
La glace fermière est-elle un bon débouché pour une ferme laitière ?
C’est un des débouchés qui valorise le mieux le litre de lait, avec un pic de demande estival qui coïncide avec la saison touristique. Il demande en contrepartie un investissement en matériel, une maîtrise technique (équilibrage, pasteurisation) et une hygiène rigoureuse.
Faut-il une formation pour faire de la glace à la ferme ?
La réglementation n’impose pas de diplôme spécifique pour fabriquer de la glace fermière, mais la maîtrise de l’équilibrage du mix et des règles sanitaires (la glace est un produit microbiologiquement sensible) est indispensable. Une formation spécialisée en glacerie permet d’éviter les erreurs coûteuses de démarrage.
— La Rédaction de Transformation-Laitiere.fr