Fièvre catarrhale ovine : 759 foyers de sérotype 3 depuis le 1er juin, et une annexe qui ne rattache plus le sérotype 4 qu’à la Corse
Le ministère de l’Agriculture publie, sur sa page de situation horodatée du 27 août 2026, le décompte des foyers de fièvre catarrhale ovine. Mais l’information qui engage le plus un élevage laitier ne figure pas dans ces compteurs. Elle tient à un tableau réécrit le 1er juin.
Trois compteurs, trois périodes de durées différentes
Sur cette page, horodatée du 27 août 2026 et consultée le 31 août 2026, le ministère écrit que 759 foyers de FCO de sérotype 3 ont été recensés en France depuis le 1er juin 2026. Sur la campagne précédente, entre le 1er juin 2025 et le 1er juin 2026, il en avait compté 7 606. Et entre le 5 août 2024 — date du premier foyer français de sérotype 3, confirmé dans le département du Nord — et le 1er juin 2025, 10 813.
Le sérotype 8, présent sur le territoire métropolitain depuis 2015, n’affiche pour sa part aucun foyer depuis le 1er juin 2026, contre 3 342 entre le 1er juin 2025 et le 1er juin 2026, et 17 038 entre le 5 août 2024 et le 1er juin 2025. Quant au sérotype 4, la même page indique qu’il « n’a pas été isolé en France hexagonale depuis 2018 » ; en Corse, aucun foyer n’a été enregistré en 2026, après 14 foyers cliniques recensés entre le 1er juin 2025 et le 31 décembre 2025.
Les trois nombres de foyers publiés par le ministère pour le sérotype 3 de la FCO ne se divisent pas les uns par les autres. Le compteur ouvert le 1er juin 2026 court sur moins de trois mois ; celui de la campagne précédente couvre douze mois ; le troisième en couvre environ dix. Une variation exprimée en pourcentage entre ces trois lignes serait un chiffre fabriqué. La carte départementale qui accompagne ces chiffres porte, elle, une borne explicite : elle est intitulée « Nombre de foyers FCO BTV3 déclarés par département au 27 août 2026 ».
Le 1er juin, une ligne de l’annexe a changé de zone
L’arrêté du 4 juillet 2024 fixant les mesures de surveillance, de prévention et de lutte relatives à la lutte contre la fièvre catarrhale ovine sur le territoire métropolitain range les sérotypes en deux familles. Son article 2 définit les « sérotypes enzootiques » comme les « sérotypes viraux de la fièvre catarrhale ovine listés à l’annexe du présent arrêté », et les « sérotypes exotiques » comme les « sérotypes viraux autres que les sérotypes enzootiques ». L’annexe, elle, ne liste pas des sérotypes seuls : elle liste des couples zone réglementée / sérotype.
Dans sa version en vigueur au 30 mai 2026, ce tableau comptait trois lignes, toutes rattachées à la même zone : « France métropolitaine 3 », « France métropolitaine 4 », « France métropolitaine 8 ». Dans sa version consultée le 31 août 2026, il compte toujours trois lignes, mais le sérotype 4 y est désormais rattaché à la zone « Corse », tandis que les sérotypes 3 et 8 restent rattachés à la zone « France métropolitaine ».
Ce remplacement est l’œuvre de l’article 1er de l’arrêté du 26 mai 2026, publié au Journal officiel n° 0126 du 31 mai 2026. Sa notice l’écrit sans détour : le texte a pour objet de modifier « la liste des sérotypes enzootiques définie en annexe, notamment concernant le sérotype 4 qui n’est plus enzootique en France continentale », et « entre en vigueur le lendemain de sa publication » — soit le 1er juin 2026. L’arrêté ne comporte que deux articles, et aucun ne diffère cette entrée en vigueur.
Deux documents officiels ne disent pas la même chose, et mieux vaut le savoir avant de les consulter. L’annexe de l’arrêté du 4 juillet 2024, dans sa version consultée le 31 août 2026, rattache le sérotype 4 à la seule zone « Corse », et les sérotypes 3 et 8 à la zone « France métropolitaine ». La page de situation du ministère de l’Agriculture, horodatée du 27 août 2026 et consultée le 31 août 2026, écrit de son côté que « les sérotypes 3, 4 et 8 sont considérés comme enzootiques sur le territoire métropolitain, Corse incluse ». Devant un mouvement d’animaux, adressez-vous à votre vétérinaire sanitaire ou à votre direction départementale en charge de la protection des populations.
Deux sections du même arrêté, deux régimes
La distinction entre sérotype enzootique et sérotype exotique n’est pas cosmétique. L’article 6 réserve les mesures de la section 1 « exclusivement » aux « sérotypes enzootiques présents sur les zones réglementées définies à l’annexe du présent arrêté » ; l’article 9 réserve celles de la section 2 « exclusivement » aux « sérotypes exotiques ». Et c’est la section 2 qui porte les mesures les plus lourdes.
Pour un sérotype exotique, l’article 10 prévoit que le préfet peut — la faculté est écrite ainsi — prendre un arrêté portant déclaration d’infection prescrivant tout ou partie de quatre mesures : l’interdiction de sortie des animaux des espèces répertoriées sensibles, à l’exception de l’envoi vers l’abattoir sous réserve du transport direct sans rupture de charge dans un délai de 24 heures et de la désinsectisation des véhicules de transport ; la désinsectisation des animaux et des locaux ; le confinement des animaux reconnus infectés ; et, le cas échéant, la conduite de l’enquête épidémiologique. Cet arrêté « peut être levé 90 jours après l’observation du dernier cas clinique dans l’exploitation », attestée par le vétérinaire sanitaire à partir du registre d’élevage.
L’article 11 ajoute un étage. Le ministre chargé de l’agriculture publie au Bulletin officiel de l’agriculture une zone dite « zone régulée », « constituée dans le périmètre de 150 kilomètres autour du ou des établissements infectés ». Les animaux des espèces répertoriées sensibles détenus dans cette zone ne peuvent en sortir que sous conditions.
C’est le périmètre de la « zone régulée » que l’article 11 de l’arrêté du 4 juillet 2024 fait publier au Bulletin officiel de l’agriculture autour d’un établissement infecté par un sérotype exotique de la fièvre catarrhale ovine.
Corse et continent : la condition joue dans les deux sens
La page ministérielle indique que les animaux provenant de Corse et à destination de l’hexagone « sont soumis à désinsectisation et analyse PCR négative ou à une vaccination valable avec un vaccin prévenant la virémie ». L’arrêté est plus large. Son article 8, 3° vise les mouvements « de la Corse vers la France continentale et de la France continentale vers la Corse », et les soumet aux conditions de son 1° — sauf pour les mouvements d’animaux partant d’un établissement ou d’un centre de rassemblement directement vers un abattoir, avec abattage dans les 24 heures suivant l’arrivée.
Ces conditions du 1° sont au nombre de deux, alternatives. Soit les animaux « sont vaccinés par le vétérinaire sanitaire contre le ou les sérotypes enzootiques » et « se trouvent dans la période d’immunité garantie par les spécifications du vaccin ». Soit ils sont protégés contre les attaques de vecteurs par des insecticides « au moins pendant les 14 jours ayant précédé la date du mouvement » et soumis pendant cette période à une PCR négative, effectuée sur des échantillons prélevés « au moins 14 jours après la date de protection contre les attaques de vecteurs », les moyens de transport étant désinsectisés avant le chargement.
Si vous achetez ou vendez des animaux entre la Corse et le continent sans recourir à la branche « vaccination », comptez à rebours avant de fixer la date de départ. Sur la seconde branche du 1° de l’article 8 de l’arrêté du 4 juillet 2024, le prélèvement destiné à la PCR ne peut pas intervenir avant le quatorzième jour suivant la mise sous protection insecticide, et cette protection doit couvrir les quatorze jours qui précèdent le mouvement. Un déplacement décidé la veille ne peut donc pas remplir cette condition.
Un dernier repère de calendrier, déjà traité dans nos colonnes : au 1er novembre 2026, la fièvre catarrhale ovine sera reclassée en catégories D et E, et le statut indemne comme les programmes d’éradication optionnels disparaîtront.
Questions fréquentes
Depuis quand le sérotype 4 de la FCO n’est-il plus enzootique en France continentale ?
L’arrêté du 26 mai 2026, publié au Journal officiel n° 0126 du 31 mai 2026, a remplacé le tableau de l’annexe de l’arrêté du 4 juillet 2024. Sa notice indique que le sérotype 4 « n’est plus enzootique en France continentale » et que le texte « entre en vigueur le lendemain de sa publication », soit le 1er juin 2026. Dans le tableau en vigueur, le sérotype 4 n’est plus rattaché qu’à la zone Corse.
Combien de foyers de FCO de sérotype 3 le ministère de l’Agriculture recense-t-il ?
Sur sa page de situation horodatée du 27 août 2026 et consultée le 31 août 2026, le ministère de l’Agriculture indique 759 foyers de FCO de sérotype 3 recensés en France depuis le 1er juin 2026. Il en avait compté 7 606 entre le 1er juin 2025 et le 1er juin 2026, et 10 813 entre le 5 août 2024 et le 1er juin 2025. Ces trois périodes n’ont pas la même durée.
Que prévoit l’arrêté du 4 juillet 2024 en cas de foyer d’un sérotype exotique ?
C’est la section 2 de l’arrêté du 4 juillet 2024 qui s’applique. Son article 10 permet au préfet de prendre un arrêté portant déclaration d’infection prescrivant tout ou partie de quatre mesures, dont l’interdiction de sortie des animaux des espèces répertoriées sensibles, hors envoi direct à l’abattoir sous 24 heures. Son article 11 prévoit en outre la publication au Bulletin officiel de l’agriculture d’une zone régulée, constituée dans le périmètre de 150 kilomètres autour du ou des établissements infectés.
Quelles conditions s’appliquent aux mouvements d’animaux entre la Corse et la France continentale ?
L’article 8, 3° de l’arrêté du 4 juillet 2024 soumet les mouvements dans les deux sens aux conditions de son 1° : soit une vaccination réalisée par le vétérinaire sanitaire contre le ou les sérotypes enzootiques, les animaux se trouvant dans la période d’immunité garantie par les spécifications du vaccin ; soit une protection contre les vecteurs par insecticides couvrant au moins les 14 jours précédant le mouvement, assortie d’une PCR négative et de la désinsectisation des moyens de transport avant chargement. Les animaux partant d’un établissement ou d’un centre de rassemblement directement vers un abattoir, avec abattage dans les 24 heures suivant l’arrivée, en sont dispensés.
Note méthodologique : les nombres de foyers sont ceux publiés par le ministère de l’Agriculture sur sa page « La situation de la fièvre catarrhale ovine (FCO) en France », horodatée du 27 août 2026 et consultée le 31 août 2026 ; la carte départementale du sérotype 3 qui les accompagne est intitulée « Nombre de foyers FCO BTV3 déclarés par département au 27 août 2026 ». La rédaction n’a tiré aucun pourcentage de ces nombres. Les deux états de l’annexe de l’arrêté du 4 juillet 2024 ont été lus sur Légifrance le 31 août 2026, dans la version consolidée à la date du 30 mai 2026 et dans la version consolidée du jour. Cet article présente l’état de l’information à sa date de publication et ne constitue pas une consultation juridique : pour une situation individuelle, rapprochez-vous de votre vétérinaire sanitaire ou de votre direction départementale en charge de la protection des populations.
Sources
— La Rédaction