Lait cru de chèvre : l’accord ANICAP du 26 mai est publié, et son extension s’arrête douze mois avant le terme de l’accord

RÉGLEMENTATION

Lait cru de chèvre : l’accord ANICAP du 26 mai est publié, et son extension s’arrête douze mois avant le terme de l’accord

— La Rédaction
Publié le 20 août 2026
Lecture : 5 min
Paysage de prairies et de cultures fourragères en fin de journée
L’accord fixe une durée minimale de contrat de cinq ans, portée à sept ans pour un producteur qui a engagé sa production depuis moins de cinq ans. Photo d’illustration.

Le texte que l’arrêté du 14 août 2026 rend obligatoire est désormais consultable au Bulletin officiel du ministère de l’agriculture. Sa lecture révèle un décalage de calendrier : l’accord est conclu pour cinq ans à compter du 1er juillet 2026, mais l’extension qui le rend obligatoire à toute la filière s’arrête, elle, au 30 juin 2030.

Nous signalions ce matin que l’accord interprofessionnel caprin du 26 mai 2026 n’était pas encore consultable : l’adresse du Bulletin officiel visée par l’article 2 de l’arrêté d’extension affichait « Le document demandé est en cours de publication ». Ce n’est plus le cas. La fiche du Bulletin officiel porte désormais la mention « Statut : Publié » et la date de publication du 20 août 2026, soit le jour même de la parution de l’arrêté au Journal officiel. En 2021, le document équivalent avait été mis en ligne six jours après la parution de l’arrêté au Journal officiel.

Le texte tient en trois pages. Il est signé à Paris le 26 mai 2026 par les trois collèges de l’ANICAP.

Douze mois d’accord sans extension, à l’autre bout du calendrier

C’est, à nos yeux, le point à retenir pour qui vend ou achète du lait cru de chèvre. L’article 3 de l’accord est d’une seule phrase : « Le présent accord est conclu pour une durée de cinq ans à compter du 1er juillet 2026. » Son terme tombe donc le 30 juin 2031.

L’article 1er de l’arrêté du 14 août, lui, étend les dispositions de cet accord « […] à compter du lendemain de la publication du présent arrêté jusqu’au 30 juin 2030 […] ». Entre le 1er juillet 2030 et le 30 juin 2031, l’accord existera donc toujours, mais, en l’état des textes publiés, ses stipulations ne seront plus rendues obligatoires par voie d’extension.

12 moisDu 1er juillet 2030 au 30 juin 2031 : la dernière année de l’accord n’est pas couverte par l’arrêté d’extension. Terme de l’accord calculé par la rédaction à partir de la durée et du point de départ inscrits à son article 3 ; borne d’extension citée de l’article 1er de l’arrêté.

Ce décalage n’a rien d’irrégulier. L’article L. 632-3 du code rural et de la pêche maritime autorise expressément l’autorité administrative à étendre un accord interprofessionnel « pour une durée déterminée, en tout ou partie ». Nous ne disposons d’aucun élément sur les raisons de cette borne ; nous nous en tenons ici au constat.

Ce choix de date marque en revanche une rupture avec le tour précédent. L’arrêté du 26 juillet 2021 étendait l’accord du 3 mars 2021 « jusqu’au 30 juin 2026 », date qui coïncidait exactement avec le terme de cet accord, conclu lui aussi pour cinq ans à compter du 1er juillet 2021.

Qui est concerné, et qui ne l’est pas

L’article 1er de l’accord définit l’acheteur comme le « premier acheteur de lait de chèvre cru hors lait destiné à la transformation à la ferme ». La formule est reprise mot pour mot du texte de 2021.

La ligne de partage ne dépend pas de votre statut mais de la destination du lait. Le lait que vous transformez vous-même à la ferme n’entre pas dans le champ de l’accord. Si vous vendez tout ou partie de votre lait cru à un premier acheteur, ou si vous collectez du lait de chèvre cru auprès de producteurs, vous êtes dans le champ de l’accord.

Cinq ans de contrat minimum, sept pour un producteur qui démarre

L’article 2.3 fixe la durée : « La durée du Contrat ne peut être inférieure à cinq ans, ou à sept ans pour les Contrats conclus par un Producteur qui a engagé sa production depuis moins de cinq ans dans les conditions prévues au III de l’article L. 631-24. » Toute modification du contrat et de l’accord-cadre passe par « un avenant écrit qui prévoit une date d’effet compatible avec les modifications prévues à cet avenant ».

La clause de sauvegarde caprine, que l’accord rend obligatoire

L’article 2.4 est le plus détaillé de l’accord. L’accord y « rend obligatoire l’intégration de la clause de sauvegarde caprine » au contrat et/ou à l’accord-cadre. En cas de graves difficultés susceptibles de concerner l’acheteur et/ou le producteur, objectivées par une conjonction d’indicateurs dont ceux que l’ANICAP publie dans un observatoire faisant l’objet d’un accord interprofessionnel intitulé « Accord interprofessionnel relatif à la diffusion d’indicateurs de conjoncture de la filière caprine », l’une ou l’autre des parties peut à tout moment déclencher une procédure de sauvegarde.

Le mécanisme se déroule en trois temps, auxquels s’ajoute une règle permanente. Demande écrite de suspension des modalités de détermination du volume et/ou du prix ; rencontre entre les parties « dans un délai d’un mois », débouchant sur un avenant valable « pour une période maximale de douze mois » ; puis, en cas de désaccord et « après un délai de négociation d’un mois maximum », intervention d’une tierce personne — « expert, comité des sages de l’ANICAP, etc. » — qui doit faire une proposition dans le mois suivant son mandat, le médiateur des relations commerciales agricoles pouvant être saisi directement après la fin du délai de négociation « ou après l’intervention de la tierce personne, en cas d’échec de la négociation ». Tant qu’aucun accord n’a été trouvé, les modalités d’apport et/ou d’achat en vigueur continuent de s’appliquer, une régularisation restant possible a posteriori « si l’accord trouvé le prévoit ».

Si vous êtes lié par un contrat de vente de lait cru de chèvre, la vérification à faire est courte : votre contrat, ou l’accord-cadre dont il relève, comporte-t-il une clause de sauvegarde, et sa rédaction correspond-elle à celle de l’article 2.4 ? À défaut, un avenant écrit est à prévoir. Le texte complet est téléchargeable gratuitement depuis la fiche du Bulletin officiel.

Ce qui a disparu depuis 2021

L’accord de 2021 comportait une exemption : les dispositions de son article 1.1 ne s’appliquaient pas « aux acheteurs dont le chiffre d’affaires annuel n’excède pas 700.000 euros ». Le texte publié ce 20 août ne comporte aucun seuil de chiffre d’affaires ni aucune exemption fondée sur la taille de l’acheteur — nous avons lu les trois pages. La portée de cette disparition doit toutefois être mesurée : dans l’accord de 2021, la phrase suivante annulait déjà l’exemption pour « tout contrat ou accord-cadre conclu dans les conditions prévues à l’article L. 631-24, quel que soit le chiffre d’affaires de l’acheteur ». Le texte de 2026 ne reprend ni cette exemption ni la contre-exemption qui la neutralisait ; le périmètre, lui, ne sort pas élargi de ce seul fait.

Méthode : l’accord a été téléchargé depuis la fiche du Bulletin officiel visée par l’article 2 de l’arrêté, puis relu page à page, le document étant un fac-similé numérisé. Les citations sont reproduites d’après cette lecture. Plusieurs dates et durées de cet article résultent d’un calcul de la rédaction et non d’une mention littérale des textes : le terme de l’accord au 30 juin 2031, la durée de douze mois qui le sépare de la fin de l’extension, le point de départ de cette période au 1er juillet 2030, le terme de l’accord de 2021 au 30 juin 2026 et l’écart de six jours relevé en 2021. Les citations de l’accord de 2021 et de l’arrêté de 2021 proviennent de notre article du 20 août 2026 consacré à l’arrêté d’extension.

Questions fréquentes

Où lire l’accord ANICAP du 26 mai 2026 ?

Sur la fiche du Bulletin officiel du ministère de l’agriculture visée par l’article 2 de l’arrêté du 14 août 2026, qui propose le document en téléchargement. L’article 2 indique également deux lieux de consultation sur place : le bureau « Lait, produits laitiers et sélection animale » du ministère, et le siège de l’ANICAP.

Quelle est la durée minimale d’un contrat de vente de lait cru de chèvre ?

L’article 2.3 de l’accord ANICAP du 26 mai 2026, rendu obligatoire par l’arrêté du 14 août 2026, dispose que la durée du contrat ne peut être inférieure à cinq ans. Elle est portée à sept ans pour les contrats conclus par un producteur qui a engagé sa production depuis moins de cinq ans, dans les conditions prévues au III de l’article L. 631-24 du code rural et de la pêche maritime.

Un producteur qui transforme son lait à la ferme est-il concerné par l’accord ANICAP du 26 mai 2026 ?

L’article 1er de l’accord ANICAP du 26 mai 2026 sur la contractualisation écrite du lait cru de chèvre définit l’acheteur comme le premier acheteur de lait de chèvre cru hors lait destiné à la transformation à la ferme. Le lait qu’un producteur transforme lui-même à la ferme est donc hors du champ de cet accord. La vente de lait cru à un premier acheteur reste, elle, dans le champ.

Jusqu’à quand l’accord ANICAP sur le lait cru de chèvre est-il obligatoire pour toute la filière ?

L’article 1er de l’arrêté du 14 août 2026 étend l’accord ANICAP du 26 mai 2026 jusqu’au 30 juin 2030. L’article 3 de l’accord précise qu’il est conclu pour une durée de cinq ans à compter du 1er juillet 2026. Au-delà du 30 juin 2030, et en l’état des textes publiés, les stipulations de l’accord ne sont plus rendues obligatoires par voie d’extension.

Sources

Accord interprofessionnel national de l’ANICAP du 26 mai 2026 relatif à la contractualisation écrite dans le secteur du lait cru de chèvre, publié au Bulletin officiel du ministère de l’agriculture le 20 août 2026 (3 pages).

Arrêté du 14 août 2026 relatif à l’extension de l’accord interprofessionnel conclu dans le cadre de l’Association nationale interprofessionnelle caprine (ANICAP) relatif à la contractualisation écrite dans le secteur du lait cru de chèvre, NOR AGRT2621840A, Journal officiel n° 0193 du 20 août 2026, texte n° 28.

Code rural et de la pêche maritime, article L. 632-3, dans sa version en vigueur au 20 août 2026 ; article L. 631-24, auquel renvoie l’accord.

— La Rédaction


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