Lait cru de chèvre : l’accord ANICAP sur la contractualisation écrite de nouveau étendu, après cinquante et un jours sans extension

RÉGLEMENTATION

Lait cru de chèvre : l’accord ANICAP sur la contractualisation écrite de nouveau étendu, après cinquante et un jours sans extension

— La Rédaction
Publié le 20 août 2026
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Prairie d'élevage laitier en fin de journée
L’arrêté d’extension rend les stipulations de l’accord obligatoires pour les producteurs, les collecteurs et les transformateurs de lait de chèvre. Photo d’illustration.

Le Journal officiel du 20 août 2026 publie l’arrêté du 14 août qui étend l’accord interprofessionnel de l’ANICAP sur la contractualisation écrite du lait cru de chèvre. L’extension précédente avait pris fin le 30 juin 2026 : entre les deux, cinquante et un jours se sont écoulés sans que l’accord caprin sur la contractualisation écrite soit rendu obligatoire par voie d’extension.

Ce que dit l’arrêté du 14 août 2026

L’arrêté porte le NOR AGRT2621840A et paraît au Journal officiel n° 0193 du 20 août 2026, texte n° 28. Il est pris conjointement par le ministre de l’économie et par la ministre de l’agriculture, et signé pour l’un et l’autre par délégation. Son article 1er tient en une phrase. Les dispositions de l’accord conclu le 26 mai 2026 dans le cadre de l’Association nationale interprofessionnelle caprine « […] sont étendues à compter du lendemain de la publication du présent arrêté jusqu’au 30 juin 2030 aux producteurs de lait cru de chèvre, aux opérateurs collectant du lait de chèvre et aux transformateurs de lait de chèvre ».

Publication le 20 août, effet le lendemain : l’extension court donc du 21 août 2026 au 30 juin 2030. Le périmètre des trois familles d’opérateurs visées est repris mot pour mot de l’arrêté précédent.

Cinquante et un jours sans extension de l’accord sur la contractualisation

L’extension précédente résultait de l’arrêté du 26 juillet 2021 (NOR AGRT2119650A), publié au Journal officiel n° 0193 du 20 août 2021, texte n° 49. Il étendait l’accord du 3 mars 2021 « jusqu’au 30 juin 2026 », avec la même formule de départ au lendemain de la publication et la même liste de destinataires.

Cette borne coïncide avec le terme de l’accord lui-même : son article 2 précisait qu’il était « conclu pour une durée de cinq ans à compter du 1er juillet 2021 ».

Aucun autre arrêté n’est venu proroger cette extension dans l’intervalle. Dans le fonds Journal officiel de Legifrance, la recherche par titre ne renvoie que trois arrêtés d’extension d’un accord de l’ANICAP portant sur la contractualisation en lait de chèvre : celui du 14 juin 2017, celui du 26 juillet 2021 et celui du 14 août 2026.

51 jours

Du 1er juillet au 20 août 2026 inclus, entre l’extinction de l’extension précédente et l’entrée en vigueur de la nouvelle (calcul de la rédaction, à partir des dates portées par les arrêtés de 2021 et de 2026).

Une extension qui s’éteint et l’obligation légale de contrat écrit sont deux choses différentes. Le I de l’article L. 631-24 du code rural et de la pêche maritime pose que « tout contrat de vente de produits agricoles livrés sur le territoire français est conclu sous forme écrite […] », sous réserve des exclusions que le même article énumère, dont les ventes directes au consommateur. Cette règle ne dépend pas de l’extension d’un accord interprofessionnel. Ce que l’extension ajoute, c’est le caractère obligatoire des stipulations propres à la filière caprine.

L’article L. 631-24 a été modifié par la loi n° 2026-796 du 18 août 2026, publiée au Journal officiel du 19 août. La phrase citée ci-dessus est tirée du premier alinéa du I. Cette modification ne porte pas sur cet alinéa.

Ce qu’une extension change concrètement

Le mécanisme est celui des articles L. 632-3 et L. 632-4 du code rural et de la pêche maritime. Le premier permet à l’autorité administrative d’étendre « pour une durée déterminée, en tout ou partie » les accords conclus dans le cadre d’une interprofession reconnue, « dès lors qu’ils prévoient des actions communes ou visant un intérêt commun conformes à l’intérêt général et compatibles avec la législation de l’Union européenne ». Le second en donne l’effet, en une phrase qui résume tout l’enjeu : « Lorsque l’extension est décidée, les mesures ainsi prévues sont obligatoires pour tous les membres des professions constituant cette organisation interprofessionnelle ». Autrement dit, l’accord ne lie plus seulement ceux qui l’ont signé.

L’accord lui-même n’est pas encore consultable

L’article 2 de l’arrêté renvoie, pour le texte de l’accord, à une adresse du Bulletin officiel du ministère de l’agriculture, ainsi qu’au bureau « Lait, produits laitiers et sélection animale » du ministère et au siège de l’ANICAP. Au 20 août 2026, cette adresse affiche : « Le document demandé est en cours de publication ». Le contenu du nouvel accord n’est donc pas encore vérifiable. On relèvera seulement, sur la forme, que l’intitulé a changé : l’arrêté de 2021 visait un accord « rendant obligatoire la contractualisation écrite », celui de 2026 un accord « relatif à la contractualisation écrite ». Tant que l’accord n’est pas publié, cette différence de rédaction ne permet aucune conclusion sur le fond.

Le précédent de 2021 donne un repère de calendrier : l’accord étendu par l’arrêté du 26 juillet 2021, publié au Journal officiel le 20 août 2021, avait été mis en ligne au Bulletin officiel du ministère le 26 août 2021, soit six jours plus tard. Si vous vendez ou achetez du lait cru de chèvre, surveillez la page du Bulletin officiel dans les prochains jours, puis comparez le texte publié à vos contrats en cours avant d’en tirer la moindre conséquence.

Ce que prévoyait le régime éteint le 30 juin

À titre de repère, et sans préjuger du nouveau texte, voici quelques stipulations de l’accord du 3 mars 2021, tel que publié au Bulletin officiel du ministère :

  • l’acheteur y était défini comme le « premier acheteur de lait de chèvre cru hors lait destiné à la transformation à la ferme » ;
  • les dispositions de l’article 1.1 ne s’appliquaient pas « aux acheteurs dont le chiffre d’affaires annuel n’excède pas 700.000 euros » — mais la phrase suivante ajoutait aussitôt : « Toutefois, elles s’appliquent à tout contrat ou accord-cadre conclu dans les conditions prévues à l’article L. 631-24, quel que soit le chiffre d’affaires de l’acheteur » ;
  • la durée du contrat « ne peut être inférieure à cinq ans, ou à sept ans pour les contrats conclus par un producteur qui a engagé sa production depuis moins de cinq ans […] » ;
  • une « clause de sauvegarde caprine » permettait à l’une ou l’autre partie de demander la suspension des modalités de détermination du volume et/ou du prix, en cas de graves difficultés « objectivées par des résultats d’une conjonction d’indicateurs ».

La définition de l’acheteur mérite l’attention des ateliers fermiers : dans le régime de 2021, le lait qu’un producteur transformait lui-même était hors du champ de la définition de l’acheteur. Reste à vérifier, texte en main, si le nouvel accord reconduit cette rédaction.

Questions fréquentes

À partir de quand le nouvel accord ANICAP s’applique-t-il ?

L’article 1er de l’arrêté du 14 août 2026 étend les dispositions de l’accord « à compter du lendemain de la publication du présent arrêté jusqu’au 30 juin 2030 ». L’arrêté ayant été publié au Journal officiel du 20 août 2026, l’extension court à partir du 21 août 2026.

Qui est concerné par cette extension ?

L’arrêté vise trois familles d’opérateurs, dans les mêmes termes qu’en 2021 : les producteurs de lait cru de chèvre, les opérateurs collectant du lait de chèvre et les transformateurs de lait de chèvre. En vertu de l’article L. 632-4 du code rural et de la pêche maritime, lorsque l’extension est décidée, les mesures prévues sont obligatoires pour tous les membres des professions constituant l’organisation interprofessionnelle.

Où peut-on lire le texte de l’accord du 26 mai 2026 ?

L’article 2 de l’arrêté renvoie au Bulletin officiel du ministère de l’agriculture, au bureau Lait, produits laitiers et sélection animale du ministère et au siège de l’ANICAP. Au 20 août 2026, la page du Bulletin officiel indique que le document est en cours de publication. En 2021, l’accord étendu avait été mis en ligne six jours après la publication de l’arrêté au Journal officiel.

Que s’est-il passé entre le 30 juin et le 20 août 2026 ?

L’extension précédente, issue de l’arrêté du 26 juillet 2021, portait sur l’accord du 3 mars 2021 et courait jusqu’au 30 juin 2026 ; aucun arrêté n’a étendu cet accord au-delà de cette date. Un nouvel accord, conclu le 26 mai 2026, a été étendu par l’arrêté du 14 août 2026, publié le 20 août. Pendant ces cinquante et un jours, du 1er juillet au 20 août 2026 inclus, les stipulations de l’accord caprin sur la contractualisation écrite n’étaient donc pas rendues obligatoires par voie d’extension. L’obligation de contrat écrit posée au I de l’article L. 631-24 du code rural et de la pêche maritime, elle, ne dépend pas de l’extension.

Note méthodologique : les numéros, citations et dates de cet article sont repris des textes publiés au Journal officiel, du code rural et de la pêche maritime, ainsi que de l’accord interprofessionnel du 3 mars 2021 et des fiches du Bulletin officiel du ministère de l’agriculture, à l’exception de la date de prise d’effet du 21 août 2026, calculée à partir de l’arrêté et signalée comme telle dans le corps de l’article. Les cinquante et un jours et les six jours cités sont des écarts entre des dates portées par ces sources ; le décompte de trois arrêtés résulte d’une recherche par titre dans le fonds Journal officiel de Legifrance. L’état de la page du Bulletin officiel consacrée au nouvel accord est celui constaté le 20 août 2026.

Sources

Arrêté du 14 août 2026 relatif à l’extension de l’accord interprofessionnel conclu dans le cadre de l’Association nationale interprofessionnelle caprine (ANICAP) relatif à la contractualisation écrite dans le secteur du lait cru de chèvre, NOR AGRT2621840A, JORF n° 0193 du 20 août 2026, texte n° 28, legifrance.gouv.fr.

Arrêté du 26 juillet 2021 relatif à l’extension de l’accord interprofessionnel conclu dans le cadre de l’Association nationale interprofessionnelle caprine (ANICAP) rendant obligatoire la contractualisation écrite dans le secteur du lait cru de chèvre, NOR AGRT2119650A, JORF n° 0193 du 20 août 2021, texte n° 49, legifrance.gouv.fr.

Accord interprofessionnel du 3 mars 2021 rendant obligatoire la contractualisation écrite dans le secteur du lait cru de chèvre, publié au Bulletin officiel du ministère de l’agriculture le 26 août 2021, info.agriculture.gouv.fr.

LOI n° 2026-796 du 18 août 2026 d’urgence pour la protection et la souveraineté agricoles, article 52, JORF n° 0192 du 19 août 2026, texte n° 3, legifrance.gouv.fr — citée pour la modification de l’article L. 631-24 du code rural et de la pêche maritime.

Code rural et de la pêche maritime, articles L. 631-24, L. 632-3 et L. 632-4, versions en vigueur au 20 août 2026, legifrance.gouv.fr.

— La Rédaction


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