Cheddar, gouda, edam, emmental : les quatre cotations fromagères européennes reculent de 11 % à 26 % sur un an

MARCHÉ & FILIÈRE

Cheddar, gouda, edam, emmental : les quatre cotations fromagères européennes reculent de 11 % à 26 % sur un an

— La Rédaction
Publié le 20 août 2026
Lecture : 6 min
Meules de fromage à pâte pressée en affinage sur des planches de bois dans une cave
Les quatre fromages cotés par la Commission européenne sont des pâtes pressées de grande diffusion. Photo d’illustration.

Le beurre a perdu 45 % en un an, la crème 41 %. Les quatre fromages que cote la Commission européenne, eux, ont reculé de 11 % à 26 % — et aucun des quatre n’est aujourd’hui au plus bas de l’année.

Ce que publie la Commission européenne pour la semaine 33

La Commission européenne publie chaque semaine, sur son portail de données agroalimentaires, une série de cotations laitières. Quatre fromages y figurent : le cheddar, l’edam, le gouda et l’emmental. Les valeurs ci-dessous sont celles de l’agrégat « Union européenne » pour la semaine 33 de 2026, qui couvre la période du 10 au 16 août 2026.

Fromage Agrégat UE, semaine 33 de 2026
Cheddar 334,78 € / 100 kg
Edam 370,09 € / 100 kg
Gouda 382,70 € / 100 kg
Emmental 551,73 € / 100 kg

Un écart de 216,95 € pour 100 kg sépare donc l’emmental du cheddar sur la même semaine. Ce ne sont pas quatre déclinaisons d’un même produit : ce sont quatre marchés distincts, avec des durées d’affinage, des débouchés et des bassins de production différents.

Sur un an, quatre reculs très inégaux

La série permet de comparer la semaine 33 de 2026 à la semaine 33 de 2025. Les quatre fromages reculent, mais dans un rapport allant du simple à plus du double.

Fromage Semaine 33 de 2025 Semaine 33 de 2026 Variation sur un an
Cheddar 453,12 € 334,78 € − 26,1 %
Edam 485,74 € 370,09 € − 23,8 %
Gouda 495,08 € 382,70 € − 22,7 %
Emmental 619,62 € 551,73 € − 11,0 %

L’emmental est le mieux tenu des quatre. Il est aussi le plus cher des quatre sur cette semaine. Le cheddar, à l’inverse, est le moins cher des quatre et celui qui recule le plus.

− 45,0 %

C’est le recul du beurre sur cette même semaine 33, d’une année sur l’autre, dans la même série de la Commission : 722,31 € les 100 kg en 2025, 397,62 € en 2026. La crème perd 41,2 % (451,92 € puis 265,73 €). Aucun des quatre fromages n’approche ces reculs.

Deux produits sur dix montent, et ce ne sont pas des fromages

Pour la semaine 33, dix produits de l’agrégat UE disposent à la fois d’une valeur en 2025 et d’une valeur en 2026. Huit reculent, deux progressent. Les deux qui progressent sont la poudre de lait écrémé, à 287,73 € les 100 kg contre 239,44 € un an plus tôt, et la poudre de lactosérum, à 145,94 € contre 97,74 €.

Les huit autres reculent : beurre, crème, cheddar, edam, gouda, emmental, poudre de lait entier (356,32 € contre 417,24 €) et lait de consommation (64,08 € contre 74,12 €).

Aucun des quatre n’est au plus bas de l’année

Le recul sur un an ne dit rien du mouvement des dernières semaines. Pour 2026, et pour ces produits, la série court de la semaine 2 à la semaine 33, soit trente-deux relevés. Aucun des quatre fromages n’est aujourd’hui au plus bas de cette période.

Fromage Point bas de 2026 Semaine 26 (22-28 juin) Semaine 33
Cheddar 309,37 € (semaine 26) 309,37 € 334,78 €
Edam 358,97 € (semaine 13) 374,23 € 370,09 €
Gouda 373,89 € (semaine 19) 392,30 € 382,70 €
Emmental 515,59 € (semaine 27) 544,05 € 551,73 €

Le tableau interdit d’écrire que la baisse s’est arrêtée partout. Depuis la fin juin, le cheddar et l’emmental sont remontés, tandis que l’edam et le gouda sont, eux, un peu plus bas qu’en semaine 26. Le beurre suit la trajectoire du premier groupe : son point bas de 2026 est de 383,13 € en semaine 26, et il cote 397,62 € en semaine 33.

Ce qui est vrai des quatre, en revanche, c’est que le plancher relevé depuis janvier est derrière eux. La chute se lit dans la comparaison annuelle ; elle ne se lit pas dans les relevés du mois d’août.

La France ne publie plus de prix dans ces quatre séries depuis la semaine 50 de 2020. Sur les années 2009 à 2026 interrogées, la France a transmis des cotations d’emmental au moins de 2009 à 2014, puis un unique relevé isolé en semaine 50 de 2020, à 521,70 €. Depuis, plus rien. Pour le cheddar, l’edam et le gouda, aucun prix français n’apparaît sur aucune de ces années.

Ces cotations ne sont donc pas une référence de prix français. Elles disent où va le marché européen des pâtes pressées de grande diffusion, pas ce que vaut une meule fermière en France.

Les prix nationaux publiés, et les écarts qu’ils révèlent

Voici l’intégralité des prix nationaux publiés pour la semaine 33 de 2026, fromage par fromage.

Fromage Prix nationaux publiés, semaine 33 de 2026 (€ / 100 kg)
Cheddar Irlande 329,92
Gouda Allemagne 352,96 · Pologne 391,28 · Tchéquie 419,36 · Croatie 441,19
Edam Allemagne 352,99 · Pologne 376,03 · Tchéquie 465,86 · Lettonie 488,88 · Croatie 515,40 · Slovaquie 702,48
Emmental Allemagne 542,00 · Tchéquie 602,65 · Autriche 634,66 · Lettonie 913,05

Deux enseignements. Le premier : les écarts entre États membres sont considérables. Sur l’emmental, la Lettonie cote 913,05 € quand l’Allemagne cote 542,00 €. Sur l’edam, la Slovaquie cote 702,48 € quand l’Allemagne cote 352,99 €.

Le second, plus important pour lire correctement le tableau : l’agrégat UE n’est pas la moyenne des prix nationaux publiés. Sur l’edam, l’agrégat UE ressort à 370,09 €, soit une valeur inférieure à cinq des six prix nationaux publiés cette semaine-là. Sur l’emmental, l’agrégat à 551,73 € est inférieur à trois des quatre prix nationaux publiés. Ne comparez donc jamais un prix national de cette série à l’agrégat en supposant que le second est la moyenne des premiers.

Ne cherchez pas dans le bulletin hebdomadaire « Situation des cours et marchés » de FranceAgriMer l’équivalent français de ces quatre lignes : dans son édition de la semaine 33 de 2026, sa partie laitière porte sur le beurre, les poudres de lait et le lait de consommation, et ne comporte aucune cotation fromagère. Pour un fromage fermier, la référence la plus fiable reste votre propre prix de revient, calculé sur votre atelier.

Ce que cela change pour un atelier

Un artisan qui transforme son lait en pâte pressée ne vend pas au prix de l’agrégat européen : il vend au prix de son marché, souvent local, souvent en circuit court, avec une valeur ajoutée sans rapport avec un cheddar industriel irlandais. Ces cotations ne fixent pas son tarif, et elles ne mesurent pas davantage le prix auquel il achète sa matière première.

Elles renseignent en revanche sur la tendance du marché de gros européen, et cette tendance a deux faces cette année. D’un côté, la matière grasse s’est effondrée : beurre et crème perdent plus de 40 % sur un an. De l’autre, la fraction sèche non grasse progresse : la poudre de lait écrémé gagne 20,2 % et la poudre de lactosérum 49,3 %. Les quatre fromages, eux, sont du côté de la baisse.

Pour un atelier, l’enseignement est de méthode plus que de prix. La référence européenne des pâtes pressées de grande diffusion a reculé de 11 % à 26 % en un an. Un fromage fermier ne se vend pas sur cette référence : il se vend sur l’origine, la race, l’affinage, le lait cru. Ce sont ces arguments-là qu’il faut savoir chiffrer et défendre.

Questions fréquentes

Que couvre exactement la semaine 33 de 2026 ?

La série de cotations laitières de la Commission européenne indique, pour chaque relevé, une date de début et une date de fin. Pour la semaine 33 de 2026, il s’agit de la période du 10 au 16 août 2026.

La France figure-t-elle dans les cotations fromagères européennes ?

Plus depuis la semaine 50 de 2020. Sur les années 2009 à 2026 interrogées dans cette série, la France a transmis des cotations d’emmental au moins de 2009 à 2014, puis un unique relevé en semaine 50 de 2020, à 521,70 € les 100 kg. Aucun prix français n’apparaît pour le cheddar, l’edam ou le gouda sur ces mêmes années. La série n’indique pas le motif de cette absence, et la rédaction ne l’interprète pas.

Ces cotations correspondent-elles au prix payé par un consommateur ?

Non. La série les exprime en euros pour 100 kg de produit. Un prix de détail porte sur une quantité sans commune mesure avec ces 100 kg.

Quels produits de la série sont en hausse sur un an ?

Pour la semaine 33, sur les dix produits de l’agrégat UE qui disposent d’une valeur en 2025 et en 2026, deux progressent : la poudre de lait écrémé, à 287,73 € les 100 kg contre 239,44 € un an plus tôt, et la poudre de lactosérum, à 145,94 € contre 97,74 €. Les huit autres reculent.

Note méthodologique : tous les prix cités proviennent de la série de cotations laitières hebdomadaires publiée par la Commission européenne sur son portail de données agroalimentaires, consultée le 20 août 2026. Les variations en pourcentage et les écarts en euros sont des calculs de la rédaction, effectués à partir des seules valeurs de cette série. Le nombre de relevés de 2026, la liste des États membres publiant un prix et les années de présence de la France sont relevés directement dans la série, pour les années 2009 à 2026.

Sources

Commission européenne, portail de données agroalimentaires, série de cotations laitières hebdomadaires (agrégat « Union européenne » et prix par État membre pour le cheddar, l’edam, le gouda et l’emmental, semaines 2 à 33 de 2026 et semaine 33 de 2025 ; relevés français de 2009 à 2026), consultée le 20 août 2026, agridata.ec.europa.eu.

FranceAgriMer, bulletin hebdomadaire « Situation des cours et marchés », semaine 33 de 2026, diffusé par le Réseau des nouvelles des marchés, rnm.franceagrimer.fr — consulté pour le contenu de sa partie laitière.

— La Rédaction


Related Post

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *