Septembre, c’est le mois où l’on souffle. Et c’est exactement pour ça qu’il est dangereux.
En juin, nous vous disions de préparer la saison. En juillet et en août, de tenir la cadence. Vous l’avez tenue. Les marchés du samedi matin, les tournées, les commandes de dernière minute, la chambre froide qui râle en pleine canicule, les clients qui arrivent tous en même temps à dix-huit heures. Vous avez fait vos plus gros chiffres de l’année et vous avez fini l’été avec ce mélange très particulier de fatigue et de soulagement que seuls connaissent ceux qui travaillent quand les autres se reposent.
Alors voilà : ce numéro de septembre est celui de vos vacances. Enfin.
Sauf que les vacances d’un transformateur fermier ne ressemblent à celles de personne. Ce ne sont pas quinze jours les pieds dans l’eau, c’est trois semaines où la pression retombe assez pour qu’on puisse enfin regarder son atelier en face. Et ce qu’on y voit, en général, ce sont toutes les choses qu’on a repoussées depuis mai parce qu’il fallait produire.
La cuve qu’on comptait remplacer. Le plan de nettoyage qu’on n’a pas mis à jour. Le dossier de subvention qu’on n’a pas déposé. Le site internet qui affiche encore les horaires de l’été dernier. Et ces fromages qui, depuis quelques mois, ne sont plus tout à fait comme avant sans qu’on ait pris le temps de comprendre pourquoi.
C’est ce dernier point qui ouvre notre dossier du mois. Nous avons enquêté sur un sujet dont personne ne parle aux fermiers qui transforment : ce que la traite robotisée fait réellement à la matière grasse du lait, et pourquoi un lait parfaitement conforme aux analyses peut donner des fromages qui décrochent. Ce n’est pas une question d’hygiène. Ce n’est pas une fatalité non plus. C’est une affaire de réglages, et la plupart se corrigent en une matinée.
Septembre, c’est aussi le mois où le calendrier professionnel redémarre. Le SPACE ouvre cette semaine à Rennes. Le Sommet de l’Élevage suivra début octobre à Cournon, et nous y serons, avec nos questions de transformateurs plutôt que celles d’éleveurs. Si vous avez un sujet, un matériel à faire tester, un fournisseur à nous signaler, c’est le moment de nous écrire : nous préparons le numéro d’octobre.
Et puis il y a l’autre chantier de la rentrée, celui que tout le monde remet à l’année prochaine : les fêtes. Novembre et décembre représentent, pour beaucoup d’entre vous, le second pic de l’année. Les coffrets, les paniers garnis, les commandes d’entreprise, les marchés de Noël. Tout cela se décide maintenant, pas en novembre. Nous y consacrerons une bonne partie du numéro d’octobre.
Profitez de ces quelques semaines de calme. Pas pour ne rien faire, on sait bien que vous ne saurez pas. Mais pour faire les choses que la saison vous a empêché de faire, et qui décideront de la qualité de la prochaine.
Bonne rentrée.
Transformation-Laitiere.fr
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