Cours mondiaux : les poudres repartent à la hausse, le beurre et le cheddar continuent de baisser

MARCHÉ & PRIX DU LAIT

Cours mondiaux : les poudres repartent à la hausse, le beurre et le cheddar continuent de baisser

28 juillet 2026Marché & conjoncture— La Rédaction

Après trois reculs consécutifs, l’indice des enchères néo-zélandaises est remonté de 1,5 % le 21 juillet. Mais derrière cette moyenne, deux mondes : les poudres de lait se redressent nettement, tandis que le beurre et le cheddar poursuivent leur glissade. Pour un atelier qui achète l’un et vend l’autre, la nuance compte.

Le mardi 21 juillet 2026 s’est tenue la 408e enchère du Global Dairy Trade (GDT), la place de marché internationale des ingrédients laitiers animée depuis la Nouvelle-Zélande. L’indice général des prix y a progressé de 1,5 % par rapport à l’enchère précédente, celle du 7 juillet. C’est la première hausse depuis l’enchère du 19 mai 2026, après trois baisses d’affilée (−0,6 % le 2 juin, −2,8 % le 16 juin, puis −4,9 % le 7 juillet, la plus forte chute depuis juillet 2024).

La séance a duré près de trois heures et dix-sept tours d’enchères, avec 167 acheteurs inscrits dont 117 repartis avec un lot. Au total, 26 889 tonnes de produits ont changé de mains, pour un prix moyen pondéré de 3 815 dollars la tonne.

Un indice de prix n’est pas un prix moyen. L’indice GDT est pondéré par produit, par période de livraison et par vendeur : il a gagné 1,5 %, alors que le prix moyen pondéré, lui, n’a progressé que d’environ 0,6 % (de 3 793 à 3 815 dollars la tonne). Les deux chiffres circulent souvent l’un pour l’autre dans la presse : ils ne mesurent pas la même chose.

Six produits en hausse, deux en baisse

La moyenne masque des écarts considérables. Sur les huit familles de produits cotées, six progressent et deux reculent — et ce sont précisément celles qui intéressent le plus les fromagers et les beurriers.

Produit Prix moyen (USD/t) Variation
Poudre de babeurre 4 737 +10,5 %
Poudre de lait écrémé 3 234 +2,8 %
Lactose +2,0 %
Poudre de lait entier 3 486 +1,6 %
Mozzarella 3 940 +1,3 %
Matière grasse laitière anhydre 6 405 +1,1 %
Beurre 5 303 −0,6 %
Cheddar 3 586 −6,5 %

+10,5 % pour la poudre de babeurre en une seule séance, le plus fort mouvement du jour.

−6,5 % pour le cheddar, à 3 586 dollars la tonne : le fromage industriel de référence reste orienté à la baisse.

Source : Global Dairy Trade, enchère n° 408 du 21 juillet 2026.

Ce que cela dit à un atelier de transformation

Le GDT ne fixe pas le prix du lait payé au producteur français, et il ne fixe pas davantage le prix auquel vous achetez votre poudre chez votre fournisseur. Mais il donne la tendance des ingrédients laitiers échangés dans le monde, avec un décalage de quelques semaines à quelques mois avant que le mouvement n’atteigne les tarifs français.

Or la lecture de cette séance est double. D’un côté, les poudres se redressent : poudre de lait écrémé, poudre entière, poudre de babeurre, lactose. Ce sont les ingrédients que l’on retrouve dans les mix de glace, les yaourts brassés, les préparations et les corrections de matière sèche. Si la tendance se confirme aux prochaines séances, la fenêtre de prix bas sur ces postes se referme.

De l’autre, la matière grasse reste bon marché au regard des sommets de 2025 : le beurre poursuit son repli, à 5 303 dollars la tonne, et le cheddar décroche franchement. Pour un atelier qui achète du beurre ou de la crème, la détente n’est pas terminée.

Si vous achetez régulièrement de la poudre de lait écrémé ou de la poudre de babeurre, c’est le moment de faire chiffrer vos besoins de la rentrée plutôt que d’attendre. À l’inverse, sur le beurre et la crème, rien n’oblige à s’engager tout de suite. Dans les deux cas, demandez à votre fournisseur sur quelle référence de cotation il indexe ses tarifs — et à quelle fréquence il les révise. Beaucoup de contrats se renégocient simplement parce que personne n’a posé la question.

Pourquoi les cours mondiaux restent sous pression

Le fond du marché n’a pas changé : l’offre mondiale est abondante. Aux États-Unis, la production laitière de juin 2026 a atteint 19,71 milliards de livres, en hausse de 2,3 % sur un an, selon le service statistique du ministère américain de l’Agriculture (rapport du 22 juillet 2026). Le cheptel national compte 9,677 millions de vaches laitières, soit 192 000 de plus qu’en juin 2025. Sur l’ensemble du deuxième trimestre, la production américaine ressort à 60,2 milliards de livres, en progression de 2,4 %.

Une nuance mérite d’être relevée : cette croissance ralentit. Elle était de 3,1 % au premier trimestre. L’offre continue donc d’augmenter, mais moins vite — ce qui suffit parfois à faire remonter un indice.

En France, le mouvement est inverse. Sur la dernière semaine publiée par FranceAgriMer, du 22 au 28 juin 2026, la collecte nationale de lait de vache a reculé de 10,9 % par rapport à la semaine précédente, et de 7 % par rapport à la même semaine de 2025, sous l’effet des fortes chaleurs. Un marché mondial mieux orienté n’efface pas un déficit de matière première dans votre tank.

La prochaine enchère GDT est fixée au mardi 4 août 2026. Une hausse isolée après trois baisses ne fait pas un retournement : c’est la confirmation, ou non, du 4 août qui dira si le marché a trouvé son point bas.

Questions fréquentes

Qu’est-ce que le Global Dairy Trade ?

C’est une place de marché internationale organisée depuis la Nouvelle-Zélande, où s’échangent aux enchères les grands ingrédients laitiers de base : poudres de lait, beurre, matière grasse laitière anhydre, cheddar, mozzarella, lactose. Deux « GDT Events » se tiennent chaque mois, les premier et troisième mardis, et leur indice de prix sert de référence mondiale. Des séances complémentaires dites « GDT Pulse » ont lieu les autres mardis, mais elles n’entrent pas dans le calcul de l’indice.

De combien l’indice GDT a-t-il progressé le 21 juillet 2026 ?

De 1,5 % par rapport à l’enchère du 7 juillet. C’est la première hausse depuis l’enchère du 19 mai 2026, après trois séances de baisse consécutives. Le prix moyen pondéré s’est établi à 3 815 dollars la tonne, pour 26 889 tonnes vendues.

Quels produits ont baissé malgré cette hausse d’ensemble ?

Deux familles sur huit : le cheddar, en recul de 6,5 % à 3 586 dollars la tonne, et le beurre, en repli de 0,6 % à 5 303 dollars la tonne. Toutes les autres catégories cotées ont progressé, la poudre de babeurre en tête avec 10,5 %.

Cette hausse va-t-elle faire remonter le prix du lait payé aux éleveurs français ?

Pas mécaniquement, et pas immédiatement. Le prix du lait de ferme collecté en France dépend d’indicateurs et d’accords interprofessionnels nationaux, avec un décalage de plusieurs mois sur les marchés mondiaux. Une séance d’enchères isolée ne constitue pas un signal de retournement.

Quand a lieu la prochaine enchère ?

Le mardi 4 août 2026, selon le calendrier officiel du Global Dairy Trade.

Cet article a une visée d’information générale. Les chiffres d’enchères proviennent du Global Dairy Trade (enchère n° 408 du 21 juillet 2026) et de la presse professionnelle qui en publie les résultats détaillés ; les données de production américaine du rapport « Milk Production » de l’USDA-NASS du 22 juillet 2026 ; les données de collecte française de FranceAgriMer. Les cours des produits laitiers sont volatils : ils reflètent la situation connue à la date de publication et ne préjugent ni de leur évolution future, ni des tarifs pratiqués par votre fournisseur.
— La Rédaction

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