Fermages : l’indice national 2026 s’établit à 127,04, en hausse de 3,23 % après 0,42 % l’an dernier

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Fermages : l’indice national 2026 s’établit à 127,04, en hausse de 3,23 % après 0,42 % l’an dernier

— La Rédaction
Publié le 13 août 2026
Lecture : 7 min
Prairies et bâtiments d'exploitation dans un paysage agricole français en fin d'été
L’indice national des fermages n’actualise que le loyer des terres nues et des bâtiments d’exploitation. Les bâtiments d’habitation suivent un autre indice.
Si vous êtes fermier, la ligne « fermage » de votre prévisionnel vient de bouger. L’arrêté du 11 août 2026, publié au Journal officiel de ce 13 août, constate un indice national des fermages de 127,04, en variation de 3,23 % sur un an. L’an dernier, la même ligne n’avait bricolé que de 0,42 %.

Le texte tient en cinq articles et ne fait aucun bruit. Il détermine pourtant ce que va payer, pour les terres et les bâtiments qu’elle loue, toute exploitation laitière titulaire d’un bail rural. L’arrêté du 11 août 2026 constatant pour 2026 l’indice national des fermages (NOR : AGRT2618753A) est paru au Journal officiel n° 0188 du 13 août 2026, signé pour la ministre de l’agriculture, de l’agro-alimentaire et de la souveraineté alimentaire.

Les trois chiffres de l’arrêté

L’arrêté publie trois valeurs et une variation. Ses articles 1er et 2 constatent les deux composantes de l’indice, l’article 3 l’indice lui-même, l’article 4 sa variation annuelle :

  • Article 1er : « L’indice du revenu brut d’entreprise agricole national à l’hectare retenu pour 2026 est de 126,85 (indice base 100 en 2009). »
  • Article 2 : « L’indice du prix du produit intérieur brut retenu pour 2026 est de 127,32 (indice base 100 en 2009). »
  • Article 3 : « L’indice national des fermages s’établit pour 2026 à 127,04. »
  • Article 4 : « La variation de l’indice national des fermages de 2026 par rapport à l’année 2025 est de 3,23 %. »
127,04

C’est l’indice national des fermages constaté pour 2026 par l’article 3 de l’arrêté du 11 août 2026. Il était de 123,06 pour 2025 (arrêté du 23 juillet 2025, NOR : AGRT2519477A, Journal officiel n° 0173 du 27 juillet 2025, texte n° 44).

Une accélération nette par rapport à 2025

La comparaison avec l’arrêté de l’an dernier est parlante. Les deux textes sont construits à l’identique, ce qui permet de lire les composantes en regard :

Valeur constatée 2025 2026
Indice du revenu brut d’entreprise agricole national à l’hectare (base 100 en 2009) 121,13 126,85
Indice du prix du produit intérieur brut (base 100 en 2009) 125,95 127,32
Indice national des fermages 123,06 127,04
Variation annuelle constatée par l’arrêté + 0,42 % 3,23 %

Le moteur de la hausse se lit dans la première ligne : c’est la composante « revenu brut d’entreprise agricole » qui progresse le plus fortement d’une année sur l’autre, tandis que l’indice du prix du produit intérieur brut avance plus modérément. Autrement dit, l’indexation des fermages 2026 est tirée davantage par le revenu agricole moyen des cinq dernières années que par le niveau général des prix, qui progresse lui aussi mais plus modérément.

Comment cet indice est fabriqué

La mécanique est fixée par l’article L. 411-11 du code rural et de la pêche maritime. Le loyer des terres nues et des bâtiments d’exploitation « ainsi que les maxima et les minima sont actualisés chaque année selon la variation d’un indice national des fermages ». Cet indice est composé, dit le même article :

  • « Pour 60 % de l’évolution du revenu brut d’entreprise agricole à l’hectare constaté sur le plan national au cours des cinq années précédentes » ;
  • « Pour 40 % de l’évolution du niveau général des prix de l’année précédente ».

Le détail est renvoyé à la partie réglementaire. L’article R. 411-9-1 précise que le revenu brut d’entreprise agricole est « calculé annuellement sur la base des données du réseau d’information sur la durabilité des exploitations agricoles (RIDEA France) », actualisées pour l’année n-1 et « telles que présentées à la commission des comptes de l’agriculture de la nation » — d’où le visa de l’arrêté : « Vu l’examen par la Commission des comptes de l’agriculture de la Nation le 7 juillet 2026 ». La variation du revenu brut d’entreprise agricole — et non celle de l’indice des fermages — se calcule, pour une année n, « en rapportant la moyenne du revenu brut constaté les années n-1 à n-5 à la moyenne du revenu brut des années n-2 à n-6 » : c’est un lissage sur cinq ans, jamais une photographie de la dernière campagne.

L’article R. 411-9-2 renvoie, pour le niveau général des prix, à « l’évolution annuelle du prix du produit intérieur brut (PIB) établie par l’Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE) dans le cadre des comptes de la nation ». Et l’article R. 411-9-3 ferme la formule : l’indice « correspond à la moyenne pondérée de l’indice du revenu brut d’entreprise agricole et de l’indice du prix du PIB, les pondérations respectives de ces indices étant de 60 % et de 40 % ».

Le calendrier, enfin, est imposé par l’article L. 411-11 : « L’indice national des fermages et sa variation annuelle sont constatés avant le 1er octobre de chaque année par arrêté du ministre chargé de l’agriculture. » L’arrêté 2026 a été signé le 11 août et publié le 13 ; celui de 2025, signé le 23 juillet, avait été publié le 27. Dans les deux cas, l’échéance du 1er octobre est tenue.

Attention : tout votre bail n’est pas indexé sur ce chiffre

L’indice national des fermages n’actualise que le loyer des terres nues et des bâtiments d’exploitation. Pour le logement, l’article L. 411-11 prévoit un tout autre indice : le loyer des bâtiments d’habitation « ainsi que les maxima et les minima sont actualisés, chaque année, selon la variation de l’indice de référence des loyers publié par l’Institut national de la statistique et des études économiques chaque trimestre ».

Appliquer 3,23 % à la totalité d’un fermage qui comprend la maison d’habitation est donc une erreur de calcul — dans un sens comme dans l’autre.

Une seconde exception figure au même article, sans effet dans la plupart des exploitations laitières mais utile à connaître en polyculture : pour les terres nues portant des cultures permanentes viticoles, arboricoles, oléicoles et agrumicoles dont le loyer est évalué en quantité de denrées, « les dispositions relatives à l’actualisation du loyer des terres nues et des bâtiments d’exploitation prévues au présent article ne s’appliquent pas ».

Ce que ça donne sur la facture

La formule d’actualisation est à l’article R. 411-9-9 du code rural et de la pêche maritime : « Le loyer à payer pour une période annuelle du bail est égal au montant en monnaie fixé dans le bail multiplié par le rapport entre l’indice des fermages du 1er octobre précédant la fin de cette période annuelle et l’indice des fermages du 1er octobre suivant la date d’effet du bail. » Le même article réserve le cas du loyer payable à terme à échoir : « lorsque le loyer est payable à terme à échoir et que par accord entre les parties le bail stipule que l’indice de référence choisi est celui du 1er octobre qui précède la date d’effet du bail, l’indice d’actualisation retenu chaque année est celui du 1er octobre précédant le début de la période annuelle ».

Traduction de terrain : ce n’est pas la variation de 3,23 % que l’on applique mécaniquement au fermage de l’an dernier, c’est un rapport entre deux indices, celui de la fin de période et celui d’origine du bail. Un bail signé il y a huit ans ne se recalcule donc pas comme un bail signé l’an dernier. Pour donner un ordre de grandeur seulement : sur un fermage annuel de 5 000 euros, une variation de 3,23 % représente 161,50 euros supplémentaires sur l’année. Sur plusieurs parcelles louées, la marche s’additionne, dans un exercice où la plupart des postes de la transformation fermière — emballage, énergie, main-d’œuvre saisonnière — sont déjà tendus.

Ne recalculez pas votre fermage seul à partir du seul chiffre national. L’article L. 411-11 confie à « l’autorité administrative » la détermination des maxima et des minima, « sur proposition de commissions consultatives paritaires départementales » ; l’article R. 411-1 précise que, pour l’application de ce texte, c’est « le préfet » qui les fixe « par arrêté publié au recueil des actes administratifs de la préfecture ». C’est cet arrêté préfectoral, et la date d’effet inscrite dans votre bail, qui donnent le montant exact à payer.

Attention aussi à la date de référence : l’article R. 411-9-11 permet au préfet de remplacer la date du 1er octobre « par une date comprise entre le 1er août et le 30 septembre, en fonction des échéances usuelles des baux dans le département et après avis de la commission consultative paritaire départementale des baux ruraux ».

Pourquoi cela concerne aussi l’atelier de transformation

Beaucoup de fermiers-transformateurs raisonnent l’indice des fermages comme une affaire de terres. Il concerne pourtant, dans les termes mêmes de l’article L. 411-11, « le loyer des terres nues et des bâtiments d’exploitation ». La salle de traite, la stabulation, le bâtiment qui abrite la fromagerie s’ils sont pris à bail rural relèvent de cette seconde catégorie. Une revalorisation de 3,23 % porte donc aussi sur les murs de l’atelier, pas seulement sur les prairies.

C’est un poste à intégrer maintenant au prévisionnel de la campagne à venir, au même titre que les évolutions récentes du calcul des cotisations — voir notre article sur la déduction du capital foncier, dite rente du sol, dont la base de calcul a changé le 10 août 2026.

Questions fréquentes

Quel est l’indice national des fermages pour 2026 ?

Il s’établit à 127,04. C’est l’article 3 de l’arrêté du 11 août 2026 constatant pour 2026 l’indice national des fermages, publié au Journal officiel n° 0188 du 13 août 2026 sous le NOR AGRT2618753A.

De combien l’indice augmente-t-il cette année ?

L’article 4 de l’arrêté indique que « la variation de l’indice national des fermages de 2026 par rapport à l’année 2025 est de 3,23 % ». Pour mémoire, l’arrêté du 23 juillet 2025 avait constaté une variation de + 0,42 % pour 2025 par rapport à 2024, l’indice s’établissant alors à 123,06.

Comment l’indice est-il calculé ?

L’article R. 411-9-3 du code rural et de la pêche maritime prévoit que l’indice correspond à la moyenne pondérée de l’indice du revenu brut d’entreprise agricole et de l’indice du prix du produit intérieur brut, avec des pondérations de 60 % et 40 %. Pour 2026, l’arrêté retient un indice de revenu brut d’entreprise agricole national à l’hectare de 126,85 et un indice du prix du produit intérieur brut de 127,32, tous deux en base 100 en 2009.

Le loyer de ma maison d’habitation augmente-t-il aussi de 3,23 % ?

Non. L’article L. 411-11 du code rural et de la pêche maritime prévoit que le loyer des bâtiments d’habitation est actualisé chaque année selon la variation de l’indice de référence des loyers publié chaque trimestre par l’INSEE. Seuls le loyer des terres nues et celui des bâtiments d’exploitation suivent l’indice national des fermages.

Le bâtiment de ma fromagerie est-il concerné ?

S’il est pris à bail rural en tant que bâtiment d’exploitation, oui : l’article L. 411-11 vise « le loyer des terres nues et des bâtiments d’exploitation ». La qualification exacte des bâtiments figure dans votre bail ; en cas de doute, faites-la confirmer avant de recalculer.

À partir de quand la nouvelle valeur joue-t-elle ?

L’article R. 411-9-9 du code rural et de la pêche maritime fait entrer dans le calcul l’indice des fermages « du 1er octobre », et l’article L. 411-11 impose que l’indice de l’année soit constaté avant le 1er octobre. L’article R. 411-9-11 permet toutefois au préfet de substituer à cette date du 1er octobre une date comprise entre le 1er août et le 30 septembre, après avis de la commission consultative paritaire départementale des baux ruraux. C’est donc l’arrêté préfectoral de votre département et la date d’effet de votre bail qui déterminent la période annuelle concernée.

Qui fixe les montants minimum et maximum du fermage ?

L’article L. 411-11 prévoit que l’autorité administrative détermine ces maxima et minima « sur proposition de commissions consultatives paritaires départementales » et qu’ils « font l’objet d’un nouvel examen au plus tard tous les six ans ». En cas de carence de ces commissions, l’autorité compétente procède elle-même à cette fixation.

Dans quel cas le tribunal paritaire des baux ruraux fixe-t-il le prix du bail ?

L’article L. 411-11 du code rural et de la pêche maritime vise précisément l’hypothèse où les maxima et minima départementaux ont été modifiés lors de leur réexamen. Dans ce cas, « le prix des baux en cours ne peut, sous réserve des dispositions figurant au premier alinéa de l’article L. 411-13, être révisé que lors du renouvellement ou, s’il s’agit d’un bail à long terme, en début de chaque nouvelle période de neuf ans », et c’est à défaut d’accord amiable que le tribunal paritaire des baux ruraux fixe le nouveau prix du bail. Ce n’est donc pas la voie ouverte pour contester la seule indexation annuelle.

Sources. Arrêté du 11 août 2026 constatant pour 2026 l’indice national des fermages, NOR AGRT2618753A, Journal officiel n° 0188 du 13 août 2026, texte n° 13 (articles 1er à 5 et visas, texte intégral) — base JORF, open data DILA. Arrêté du 23 juillet 2025 constatant pour 2025 l’indice national des fermages, NOR AGRT2519477A, Journal officiel n° 0173 du 27 juillet 2025, texte n° 44 (Légifrance). Code rural et de la pêche maritime, articles L. 411-11, R. 411-1, R. 411-9-1, R. 411-9-2, R. 411-9-3, R. 411-9-9 et R. 411-9-11, versions en vigueur. Consulté le 13 août 2026.
Cet article présente l’état du droit à sa date de publication et ne constitue pas une consultation juridique. Le montant exact de votre fermage dépend de votre bail et de l’arrêté préfectoral applicable dans votre département.
— La Rédaction


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