Lait de chèvre : 837 € les 1 000 litres au deuxième trimestre 2026, des charges qui montent et une Espagne à 1 058 €

Chèvres laitières alignées au cornadis dans une chèvrerie, lumière naturelle de fin d’été
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Lait de chèvre : 837 € les 1 000 litres au deuxième trimestre 2026, des charges qui montent et une Espagne à 1 058 €

— La Rédaction
Publié le 16 septembre 2026
Lecture : 5 min
Chèvres laitières alignées au cornadis dans une chèvrerie, lumière naturelle de fin d’été
Le prix payé aux producteurs de lait de chèvre a légèrement progressé au deuxième trimestre 2026, mais les charges d’énergie et d’engrais ont grimpé bien plus vite, selon les indicateurs publiés par l’Institut de l’Élevage le 15 septembre.

Pendant que le lait de vache conventionnel affichait un prix standard de 417 euros les 1 000 litres en juin (enquête FranceAgriMer), le lait de chèvre, lui, se payait deux fois plus. Mais la hausse du trimestre tient en une pièce de cinq euros, quand l’énergie et les engrais ont pris respectivement 20 % et 17 % en un an. Pour un producteur fermier qui transforme son propre lait, ces chiffres disent surtout une chose : la valeur se joue de plus en plus dans l’atelier, pas au tank.

Prix moyen payé : 837 €, cinq euros de mieux qu’en 2025

Selon les indicateurs publiés par l’Institut de l’Élevage (Idele) le 15 septembre 2026, le prix moyen payé aux producteurs de lait de chèvre s’est établi à 837 €/1 000 l au deuxième trimestre 2026, « supérieur de 5 € à 2025 ». Le prix de base, celui qui ne tient pas compte des primes et de la composition du lait, ressort à 772 €/1 000 l, en hausse de 7 €/1 000 l sur un an, « soit +1 % ». La progression est réelle, mais modeste : elle prolonge la légère hausse déjà observée au premier trimestre.

Deux séries de prix coexistent donc, et il ne faut pas les confondre : le prix de base (772 €) sert de référence contractuelle ; le prix moyen payé (837 €) intègre les taux, les primes de qualité et de saisonnalité. C’est ce second chiffre qui se rapproche de ce qu’un éleveur livreur voit réellement sur sa paie de lait.

Des charges qui progressent sur un an, portées par l’énergie et les engrais

L’indice Ipampa lait de chèvre, qui suit les prix d’achat des moyens de production et qui, selon l’Idele, représente « 73 % des charges totales » d’un élevage caprin, s’établit à 124,6 en juin 2026. Il recule de 0,4 % sur un mois mais progresse de 2,7 % sur un an. L’Idele attribue cette hausse aux « conflits au Moyen-Orient pour les énergies et engrais et en mer Noire pour les céréales ».

Le détail par poste est éloquent. Les aliments achetés sont à l’indice 120,1, quasi stables sur un an (+0,2 %). Les engrais et amendements atteignent 180,8, soit +17,3 % sur un an malgré un léger repli mensuel (−1,1 %). L’énergie et les lubrifiants sont à 166,1 : −8,8 % sur un mois, mais +20,4 % sur un an. Les frais généraux, à 114, progressent de 2,1 % en douze mois. L’Institut précise que certaines charges non couvertes par l’Ipampa, « tels que les travaux réalisés par des tiers, les fermages ou encore le coût de la main-d’œuvre, ont continué de progresser ».

+ 20,4 %

C’est la hausse sur un an, en juin 2026, du poste « énergie et lubrifiants » de l’indice Ipampa lait de chèvre, selon l’Institut de l’Élevage. Dans le même temps, le prix de base du lait de chèvre n’a progressé que de 1 %. Pour un atelier de transformation à la ferme, l’énergie pèse deux fois : sur l’élevage et sur le froid, la pasteurisation et le séchage des fromages.

La matière grasse recule, la protéine tient

Sur le deuxième trimestre 2026, le taux de matière protéique du lait de chèvre est « en très légère hausse », à 33,8 g/l (+0,2 % par rapport à 2025). Le taux de matière grasse, lui, baisse à 37,5 g/l (−1,2 %), « sous l’effet de la plus forte production laitière et des fortes chaleurs ». L’Idele prévient que les conséquences des canicules « seront plus visibles sur la production et les taux du troisième trimestre ».

Ce mouvement des taux s’inscrit dans un contexte de collecte très dynamique au printemps puis brutalement freinée par la chaleur. Dans sa lettre Tendances Lait Viande de juillet, l’Institut relevait une collecte de 59,4 millions de litres en mai 2026 (+7 % sur un an) et de 226 millions de litres sur les cinq premiers mois (+8 %), avant une chute de 9 % de la collecte hebdomadaire entre les semaines 25 et 26, puis de 3 % en semaine 27, « soit un repli de 12 % en deux semaines ».

Ce que cela change dans une fromagerie caprine. Un lait un peu plus riche en protéines et un peu moins gras est plutôt favorable au rendement en pâte : ce sont les caséines qui font le caillé. Mais l’Idele annonce des taux de troisième trimestre marqués par les fortes chaleurs, et un lait d’été de chèvres stressées peut donner des caillés plus lents et plus fragiles. Si vous transformez votre propre lait, suivez vos taux et votre temps de prise de juillet à septembre plutôt que de vous fier à la moyenne nationale du printemps.

Espagne : +18 % en un an, Pays-Bas : +8 %

La comparaison européenne est frappante. En Espagne, « la collecte de lait de chèvre poursuit son recul, malgré la hausse du prix du lait » ; sur le deuxième trimestre, le retrait n’est toutefois « que de 2 % d’une année sur l’autre ». Le prix payé en juin atteint 1 058 €/1 000 l, « soit 18 % de plus qu’en juin 2025 » : les acheteurs espagnols ont enclenché des hausses dès la mi-2025 pour soutenir un secteur en crise. Aux Pays-Bas, le prix « affiche toujours une hausse constante », à 779 €/1 000 l en juin (+8 % sur un an).

La France reste donc dans une position intermédiaire : un prix nettement supérieur à celui des Pays-Bas, mais inférieur de plus de 200 € au prix espagnol, avec une progression annuelle qui tient dans une pièce de cinq euros.

Le conseil. Si vous livrez, demandez à votre laiterie comment se décompose votre prix payé entre prix de base, prime de composition et prime de saisonnalité : à 837 € contre 772 € de base, l’écart de 65 € s’explique pour l’essentiel par ces lignes. Si vous transformez, rapprochez votre coût de l’énergie de juin 2025 et de juin 2026 : une hausse proche de 20 % justifie de revoir vos prix de vente à la rentrée, avant les fêtes, plutôt qu’après.

Ce que ces chiffres ne disent pas

Les indicateurs de l’Idele portent sur le lait livré aux laiteries : ils ne renseignent pas le prix de revient du lait dans un élevage qui transforme tout à la ferme. Ils ne détaillent pas non plus les écarts entre bassins de production ni entre laiteries. Enfin, les taux moyens du troisième trimestre, ceux de l’été caniculaire, ne figurent pas encore dans cette publication : c’est là que se lira l’effet réel des fortes chaleurs sur les chèvres.

Questions fréquentes

Quel est le prix du lait de chèvre payé aux producteurs au deuxième trimestre 2026 ?

Selon l’Institut de l’Élevage, le prix moyen payé s’établit à 837 €/1 000 l au deuxième trimestre 2026, soit 5 € de plus qu’en 2025. Le prix de base ressort à 772 €/1 000 l (+7 €, soit +1 %).

Quelle différence entre prix de base et prix moyen payé ?

Le prix de base est la référence contractuelle hors primes et hors correction de composition. Le prix moyen payé intègre les taux réellement livrés, les primes de qualité et de saisonnalité ; il est donc plus proche de ce que perçoit l’éleveur.

Les charges en élevage caprin ont-elles augmenté ?

Oui. L’indice Ipampa lait de chèvre atteint 124,6 en juin 2026, en hausse de 2,7 % sur un an, avec des postes énergie (+20,4 %) et engrais (+17,3 %) en forte progression, selon l’Idele.

Comment ont évolué les taux du lait de chèvre ?

Au deuxième trimestre 2026, le taux protéique est en très légère hausse à 33,8 g/l (+0,2 %) et le taux de matière grasse en baisse à 37,5 g/l (−1,2 %), en lien avec la forte production et les fortes chaleurs.

Combien est payé le lait de chèvre en Espagne et aux Pays-Bas ?

En juin 2026, le prix payé atteint 1 058 €/1 000 l en Espagne (+18 % sur un an) et 779 €/1 000 l aux Pays-Bas (+8 %), selon l’Institut de l’Élevage.

Sources

  • Institut de l’Élevage (Idele), « Petite hausse du prix du lait de chèvre au second semestre », publié sur Réussir La Chèvre le 15 septembre 2026 — reussir.fr/chevre (consulté le 16 septembre 2026). Les données commentées portent sur le deuxième trimestre 2026.
  • Institut de l’Élevage, Tendances Lait Viande n° 385, juillet-août 2026, rubrique lait de chèvre « Les fortes chaleurs pénalisent la production laitière », mise en ligne le 21 juillet 2026 — tendances-lait-viande.fr (consulté le 16 septembre 2026).

Les citations entre guillemets sont extraites des publications précitées. Les commentaires sur le rendement fromager et la tarification relèvent de la rédaction et ne remplacent pas l’avis de votre technicien ou de votre contrôle laitier.


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