Prix du lait de juillet 2026 : 430,9 € les 1 000 litres en conventionnel (− 11,5 %), le bio creuse l’écart à 105 €, et la collecte tient malgré la canicule

Lait cru arrivant dans le tank d une fromagerie fermiere
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Prix du lait de juillet 2026 : 430,9 € les 1 000 litres en conventionnel (− 11,5 %), le bio creuse l’écart à 105 €, et la collecte tient malgré la canicule

— La Rédaction
Publié le 19 septembre 2026
Lecture : 6 min
Lait cru coulant dans un tank en inox d’une fromagerie fermière
Les chiffres de la collecte et du prix du lait de juillet 2026 sont ceux de l’enquête mensuelle laitière FranceAgriMer/SSP, publiés par Agreste le 15 septembre.

Le prix du lait de juillet est tombé. Pas celui, arrondi, qui circule depuis hier dans les débats sur la bataille du prix du lait, mais celui de la statistique publique : 430,9 € pour 1 000 litres de lait conventionnel à teneurs réelles, soit 56 € de moins qu’en juillet 2025. Dans le même temps, la collecte n’a pas flanché, le lait bio vaut désormais 105 € de plus que le conventionnel, contre 49 € un an plus tôt, et les fabrications de fromages frais bondissent de 9 %. Voici ce que dit la note, et ce qu’un atelier de transformation peut en tirer.

Une collecte de juillet « quasi stable » : la statistique mensuelle corrige l’estimation hebdomadaire

Agreste, le service de la statistique du ministère de l’Agriculture, a publié le 15 septembre 2026 son « Infos rapides » Lait n° 2026-115, à partir des données arrêtées au 10 septembre. Premier enseignement : « En juillet 2026, la collecte de lait de vache est quasi stable sur un an (+ 0,1 % par rapport à juillet 2025) malgré les épisodes de canicule, et la quantité collectée est au niveau de la moyenne 2021-2025 pour juillet. » En volume, 1 900 213 milliers de litres ont été collectés, contre 1 898 854 un an plus tôt.

C’est une nuance par rapport à ce que laissaient attendre les sondages hebdomadaires. La note de conjoncture de FranceAgriMer d’août, que nous avions détaillée le 15 septembre, évoquait un repli de 0,6 % en juillet d’après les données hebdomadaires. L’enquête mensuelle, plus complète, ramène juillet à l’équilibre. Juin, lui, reste le mois de la casse : « La collecte de juin 2026 a été plus impactée par les fortes chaleurs avec une baisse de 1,3 % sur un an. » Depuis janvier, le cumul atteint 14,22 milliards de litres, en hausse de 2,4 %.

Deux parts sont à retenir pour qui transforme : « Le lait bio représente 4,3 % de la collecte totale, tandis que la part des laits AOP/IGP atteint 15,4 %. » En juillet 2025, ces parts étaient de 4,6 % et 16,3 %. Côté petits ruminants, la dynamique se poursuit : « Les collectes de lait de chèvre et de brebis sont en hausse respectivement de 3,3 % et 0,9 % sur un an », avec 49 167 milliers de litres de lait de chèvre et 14 399 de lait de brebis en juillet ; sur sept mois, le cumul progresse de 6,5 % pour la chèvre et de 6,0 % pour la brebis.

430,9 €

Prix du lait de vache conventionnel à teneurs réelles pour 1 000 litres en juillet 2026, « en baisse sur un an » : il « recule de 11,5 % par rapport à juillet 2025 (− 56,1 € pour 1 000 litres) ». Tous laits confondus, le prix s’établit à 454,2 € (− 10,2 %). Juillet 2025 : 487,0 € en conventionnel, 505,7 € tous laits.
Source : Agreste, Infos rapides Lait n° 2026-115, 15 septembre 2026 (enquête mensuelle laitière FranceAgriMer/SSP).

Le prix de juillet, le prix moyen de l’année : deux chiffres qui ne disent pas la même chose

Le tableau des prix d’Agreste donne quatre lignes, et c’est là que les confusions naissent. En juillet 2026, le lait conventionnel vaut 430,9 €/1 000 l ; en juin, il valait 433,1 €. Sur la moyenne des sept premiers mois de 2026, il ressort à 448,6 €, en recul de 9,0 % sur la même période de 2025. Un chiffre de « 448 € » a circulé ces derniers jours dans la presse comme prix payé aux éleveurs en juillet. Dans la note, 448,6 € correspond à la moyenne de janvier à juillet du lait conventionnel : si c’est bien cette ligne qui a été reprise, il s’agit d’une moyenne sur sept mois, pas du prix du mois.

Attention à la nature du prix. Agreste raisonne ici en prix à teneurs réelles : « prix du lait réfrigéré départ exploitation, toutes primes comprises et toutes qualités confondues, à teneurs réelles en matière grasse et matière protéique. Ce prix s’entend TVA non comprise, cotisations non déduites. » Il n’est pas comparable au prix standard 38/32, qui ramène le lait à 38 g/l de matière grasse et 32 g/l de protéine et que la note publie dans ses données complémentaires. Le prix standard de juin, 417 €, que vous avez pu lire début septembre, et le prix réel de juin, 433,1 €, décrivent le même mois avec deux règles différentes. Avant de comparer un chiffre national à votre propre paie de lait, vérifiez de quelle convention il relève.

Le bio creuse l’écart : 105 € au-dessus du conventionnel

Pendant que le conventionnel décroche, le lait bio ne bouge pas : « Le prix du lait bio est quasi stable sur un an (+ 0,1 %). Il atteint 536,4 € pour 1 000 litres. Il dépasse désormais celui du lait conventionnel de 105,5 € pour 1 000 litres. » En juillet 2025, l’écart n’était que de 48,6 € (535,6 € contre 487,0 €). Sur sept mois, le bio ressort à 529,8 € en moyenne, en hausse de 2,0 %, alors que la part du bio dans la collecte s’érode légèrement (4,3 % contre 4,6 %). Pour un atelier fermier en bio ou en conversion, l’écart de prix redevient un argument économique lisible, à condition que le débouché suive.

Fabrications : le frais et le yaourt tirent, le beurre et les pâtes pressées cuites reculent

La troisième partie de la note détaille les fabrications de juillet à base de lait de vache. « Les replis concernent plusieurs familles de produits, notamment les crèmes conditionnées, dont la production recule de 3,5 %, les laits conditionnés (− 3,9 % sur un an) et matières grasses (− 4,2 %). À l’inverse, les fabrications de yaourts et desserts lactés sont en hausse (+ 2,1 % sur un an). » Dans le détail, ce sont les yaourts et laits fermentés qui progressent (+ 4,6 %, à 121 522 tonnes), les desserts lactés reculant de 3,9 %.

Le fromage progresse globalement (+ 1,6 %, à 148 838 tonnes), mais « les évolutions sont contrastées selon les catégories. En effet, les fabrications de fromages frais sont en hausse de 9,0 % alors qu’à l’inverse les fabrications des autres catégories de fromages reculent. »

Fabrications, juillet 2026 Tonnes Sur un an Cumul 2026
Fromages frais 65 228 + 9,0 % + 6,5 %
Yaourts et laits fermentés 121 522 + 4,6 % + 2,6 %
Pâtes pressées non cuites (cantal, tommes, raclette…) 18 967 − 0,3 % − 1,9 %
Beurre 28 693 − 2,1 % + 4,5 %
Pâtes molles (camembert, brie…) 30 455 − 2,4 % − 1,3 %
Crème conditionnée 38 971 − 3,5 % − 1,9 %
Pâtes pressées cuites (emmental, comté, beaufort…) 24 837 − 5,4 % − 1,2 %
Pâtes persillées 2 653 − 11,0 % − 6,1 %
Lait écrémé en poudre 28 208 − 10,5 % + 4,5 %

Source : Agreste, Infos rapides Lait n° 2026-115, tableau 3, enquête mensuelle laitière FranceAgriMer/SSP. Sélection de la rédaction ; la note complète compte 24 lignes.

Côté produits industriels, « le séchage de poudre de lait recule de 9,0 % sur un an, tandis que le conditionnement de poudre de lait progresse fortement (+ 17,8 %) », et la poudre de lactosérum diminue de 3,2 %. Ce repli du séchage mérite d’être suivi dans les prochaines livraisons.

Le conseil. Ces chiffres décrivent l’industrie, pas votre atelier, mais ils disent où va la demande de l’été : vers le frais (fromages frais + 9 %, yaourts + 4,6 %) et à l’écart des produits gras (beurre, crème) et des pâtes longues à affiner. Si vous hésitez sur votre gamme d’automne, la lecture de la rédaction est simple : le faisselle, le fromage blanc, le yaourt et les frais aromatisés sont les produits qui ont trouvé preneur pendant la canicule ; les pâtes pressées cuites, qui immobilisent du lait et de la trésorerie pendant des mois, ont reculé de 5,4 %. Ce n’est pas une prévision, c’est un constat sur un mois ; croisez-le avec vos propres ventes de juillet avant de trancher.

L’Allemagne accélère, la France et l’Irlande reculent

La note donne aussi le paysage européen de juin : « En juin 2026, la collecte en Allemagne progresse de 5,8 % sur un an. La hausse par rapport à juin 2025 est plus modérée aux Pays-Bas (+ 3,3 %), en Pologne (+ 3,3 %) et en Espagne (+ 1,5 %). Au contraire, elle diminue de 1,3 % sur un an en France et de 3,2 % en Irlande. » Une offre européenne abondante, face à laquelle la collecte française marque le pas : c’est le décor dans lequel se négocient les prix d’automne.

Ce que la note ne dit pas

Elle ne commente ni les causes de la baisse du prix, ni les perspectives : pas un mot sur la sécheresse d’août, les stocks fourragers ou les négociations en cours. Elle ne donne pas les taux de matière grasse et de protéine du mois, ni les prix régionaux. Les données d’août seront diffusées « la 2e semaine du mois M+2 », soit vers la mi-octobre.

Questions fréquentes

Quel est le prix du lait de vache en juillet 2026 en France ?

Selon Agreste (Infos rapides Lait n° 2026-115 du 15 septembre 2026), le prix à teneurs réelles du lait conventionnel s’établit à 430,9 €/1 000 l en juillet 2026, en recul de 11,5 % sur un an ; tous laits confondus, 454,2 € ; lait bio, 536,4 €.

D’où vient le chiffre de 448 € parfois cité pour juillet ?

Dans la note Agreste, 448,6 €/1 000 l est le prix moyen du lait conventionnel sur les sept premiers mois de 2026, en baisse de 9,0 % sur la même période de 2025. Le prix du seul mois de juillet est de 430,9 €.

La collecte de lait a-t-elle baissé en juillet 2026 ?

Non : elle est « quasi stable » (+ 0,1 %), à 1,90 milliard de litres, au niveau de la moyenne 2021-2025 pour un mois de juillet. C’est juin qui a reculé (− 1,3 %). Le cumul depuis janvier est en hausse de 2,4 %.

Quel est l’écart entre le prix du lait bio et celui du lait conventionnel ?

105,5 €/1 000 l en juillet 2026 (536,4 € contre 430,9 €), contre 48,6 € en juillet 2025, selon Agreste.

Quels produits laitiers ont vu leurs fabrications augmenter en juillet 2026 ?

Les fromages frais (+ 9,0 %), les yaourts et laits fermentés (+ 4,6 %), les fromages fondus (+ 8,7 %) et le conditionnement de poudre de lait (+ 17,8 %). Le beurre (− 2,1 %), la crème conditionnée (− 3,5 %), les pâtes pressées cuites (− 5,4 %) et les pâtes persillées (− 11,0 %) reculent.

Sources

  • Agreste (SSP, ministère de l’Agriculture), Infos rapides — Lait — n° 2026-115 : « Juillet 2026 : la collecte de lait quasi stable », paru le 15 septembre 2026, données arrêtées au 10 septembre 2026 — fiche de la publication et texte intégral (consultés le 19 septembre 2026). Source des données : enquête mensuelle laitière FranceAgriMer/SSP.
  • Sur le chiffre de 448 € : dépêche AFP du 18 septembre 2026, « La sécheresse fait bouillir l’éternelle bataille du prix du lait », reprise notamment par agri-mutuel.com (consultée le 19 septembre 2026).
  • Pour la note de conjoncture d’août de FranceAgriMer (données de juin) : notre article du 15 septembre 2026, Collecte en recul, taux protéique en repli.

Les citations entre guillemets sont extraites de la publication Agreste précitée. Les commentaires sur la gamme d’automne relèvent de la rédaction et ne remplacent pas l’analyse de vos propres ventes.


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