Pousse de l’herbe : au 20 août 2026, dix des douze régions suivies par Agreste sont classées en déficit important

Prairie desséchée en fin d'été, herbe rase et jaunie

FOURRAGE & ALIMENTATION

Pousse de l’herbe : au 20 août 2026, dix des douze régions suivies par Agreste sont classées en déficit important

— La Rédaction
Publié le 1er septembre 2026
Lecture : 7 min
Prairie desséchée en fin d’été, herbe rase et jaunie, illustration du déficit de pousse mesuré par Agreste au 20 août 2026
Au 20 août 2026, la pousse cumulée des prairies permanentes accuse un retard de 36 % sur la moyenne 1989-2018, selon Agreste. Photographie d’illustration.

« Au 20 août 2026, la pousse cumulée des prairies permanentes est inférieure de 36 % à la moyenne observée à cette date sur la période de référence 1989-2018. » Cette phrase ouvre la note Agreste parue le 27 août. Pour un atelier fermier, elle ne parle pas d’herbe : elle parle du coût de la ration de cet hiver.

Ce que dit exactement la note du 27 août

Agreste, le service de la statistique et de la prospective du ministère de l’Agriculture, a publié le 27 août 2026 sa note Prairies n° 2026-101, dans la collection Conjoncture – Infos Rapides. Les données qu’elle contient sont arrêtées au 20 août 2026 : c’est une photographie à cette date, et non une situation « à ce jour ».

L’indicateur retenu est le rendement des prairies permanentes. Il rapporte la pousse cumulée depuis le début de la campagne à la pousse cumulée à la même date, calculée sur la période de référence 1989-2018. Au 20 août 2026, cet indicateur s’établit à 64,5 pour la France. Agreste résume l’écart par une pousse cumulée « inférieure de 36 % » dans son chapô ; la note de lecture de la publication chiffre ce même écart à 35,5 %.

Traduit en volume de fourrage, le rapport est le suivant : 51,1 % de la pousse annuelle de référence attendue est réalisée, contre 79,3 % en moyenne à la même date sur 1989-2018.

Agreste attribue la dégradation à « l’effet du manque d’eau et des canicules qui se succèdent depuis 3 mois ».

51,1 %

Part de la pousse annuelle de référence attendue réalisée au 20 août 2026, contre 79,3 % en moyenne sur 1989-2018. Source : Agreste, Infos Rapides Prairies n° 2026-101.

Dix régions en déficit important, une en déficit faible, une classée normale

Agreste range chaque région dans l’une de quatre catégories, selon la valeur de son indice : déficit important, déficit faible, normal, excédent. Au 20 août 2026, sur les douze régions couvertes par le dispositif : dix sont classées en déficit important, l’Île-de-France en déficit faible, et Paca en catégorie normal.

La lecture du tableau demande une précaution : chaque région doit être comparée à sa propre référence, pas à celle du voisin ni à la moyenne nationale. Une région qui affiche 70 % de sa pousse annuelle n’est pas forcément mieux lotie qu’une région à 55 % : tout dépend de ce qu’elle réalise habituellement à cette date.

Région Pousse réalisée 2026 (%) Référence 1989-2018 (%) Indice Classement Agreste
Île-de-France 68,25 89,02 76,7 Déficit faible
Centre-Val de Loire 54,57 81,96 66,6 Déficit important
Bourgogne-Franche-Comté 45,46 77,56 58,6 Déficit important
Normandie 55,22 82,76 66,7 Déficit important
Hauts-de-France 57,53 83,33 69,0 Déficit important
Grand Est 46,97 79,34 59,2 Déficit important
Pays de la Loire 61,76 84,06 73,5 Déficit important
Bretagne 56,94 82,37 69,1 Déficit important
Nouvelle-Aquitaine 46,63 78,31 59,6 Déficit important
Occitanie 47,77 77,00 62,0 Déficit important
Auvergne-Rhône-Alpes 52,69 77,19 68,3 Déficit important
Paca 70,17 76,71 91,5 Normal
France (ensemble) 51,14 79,32 64,5 Déficit important

Lecture : les deux premières colonnes donnent la part de la pousse annuelle de référence attendue déjà réalisée au 20 août 2026, puis la même part en moyenne sur 1989-2018. L’indice et le classement sont ceux publiés par Agreste. Sources : INRAe, Météo France, SSP.

Trois limites de périmètre à garder en tête. La Corse et les départements d’outre-mer ne figurent pas dans ce tableau : le dispositif ne les simule pas. Agreste écrit « toutes les régions sont déficitaires », mais son propre classement place Paca en catégorie « normal » : reprenez la phrase comme une citation, pas comme un constat sans exception. Enfin, l’indicateur est modélisé à l’échelle des régions fourragères — il ne mesure pas ce qui s’est passé sur vos parcelles.

Trois dates à ne pas confondre

20 août 2026 : date d’arrêt des données. 27 août 2026 : date de parution de la note Agreste. 1er septembre 2026 : date du présent article.

À la date de publication de cet article, aucune note Agreste « Prairies » postérieure à la n° 2026-101 n’était en ligne, et le dernier tableau de bord de suivi accessible portait sur la situation au 10 août 2026 (paru le 18 août). Autrement dit : le point de donnée public le plus récent reste celui du 20 août. Le suivi étant mis à jour tous les dix jours, la situation de septembre sera connue plus tard.

Notre lecture : ce déficit se paiera dans votre prix de revient

Ce qui suit relève de l’analyse, non du constat statistique. Ce qui n’a pas poussé entre juin et août ne se rattrape pas : c’est du stock d’hiver en moins, et ce stock devra être remplacé, acheté ou compensé. Pour un atelier de transformation à la ferme, la ration n’est pas une ligne isolée : elle remonte directement dans le prix de revient du litre transformé, donc dans la marge de chaque fromage, de chaque pot de yaourt et de chaque bac de glace.

Trois arbitrages se posent maintenant, avant l’hiver : le volume de fourrage à sécuriser et le moment de l’acheter ; le niveau de production à viser au regard du coût de la ration ; et la trésorerie, un achat de fourrage se payant bien avant que le lait transformé ne se vende.

Deux sujets connexes ont déjà été traités ici : les modifications temporaires des cahiers des charges AOP, qui desserrent certaines contraintes de pâturage et d’origine du fourrage, et les règles d’indemnisation des prairies, qui reposent sur un indice et non sur une expertise de terrain. La récolte de maïs fourrage 2026 a par ailleurs fait l’objet d’une estimation Agreste distincte.

Inventoriez vos stocks en tonnes de matière sèche, pas en nombre de bottes. Une balle ne pèse pas ce que l’on croit, et son taux de matière sèche varie fortement d’une récolte à l’autre. Un inventaire exprimé en bottes conduit à surestimer la couverture hivernale — et à découvrir le trou en février, quand le fourrage se paie le plus cher.

Ce que l’indicateur ne dit pas

Il ne dit rien de la qualité du fourrage récolté : il mesure une pousse, pas une valeur alimentaire. Il ne dit rien de votre exploitation : deux fermes d’une même région fourragère peuvent avoir des situations opposées selon le sol, l’exposition et la conduite du pâturage. Il ne dit rien non plus de l’automne : une repousse tardive reste possible et modifierait le bilan de campagne.

Enfin, il porte sur les prairies permanentes et sur la pousse cumulée depuis le début de la campagne. Ce n’est ni la pousse du seul mois d’août, ni celle des prairies temporaires.

Questions fréquentes

Que signifie « une pousse cumulée inférieure de 36 % » ?

L’indicateur rapporte la pousse cumulée des prairies permanentes depuis le début de la campagne à la pousse cumulée à la même date sur la période de référence 1989-2018. Au 20 août 2026, cet indicateur vaut 64,5 pour la France. Agreste résume l’écart par « inférieure de 36 % » dans son chapô, et le chiffre à 35,5 % dans sa note de lecture.

À quelle date ces chiffres s’arrêtent-ils ?

Au 20 août 2026. La note a été publiée le 27 août 2026. Ce sont deux dates distinctes : la seconde est la date de parution, la première celle de l’arrêt des données.

Toutes les régions sont-elles déficitaires ?

Agreste écrit que « toutes les régions sont déficitaires ». Son propre classement, publié avec la note, place cependant dix des douze régions couvertes en « déficit important », l’Île-de-France en « déficit faible » et Paca en catégorie « normal ». La Corse et les départements d’outre-mer ne sont pas couverts par le dispositif.

Cette note sert-elle à calculer mon indemnisation ?

Non. Il s’agit d’une publication de conjoncture statistique. L’indemnisation des pertes de récolte sur prairies relève d’un dispositif distinct, avec ses propres règles et ses propres seuils. Renseignez-vous auprès de votre DDT et de votre assureur.

Où consulter les données région par région ?

Le fichier de données joint à la publication Agreste contient un onglet « Pousse cumulée par région » et un onglet donnant l’indice et le classement de chaque région. Les liens figurent dans les sources ci-dessous.

Note méthodologique : les données et les citations reproduites dans cet article sont tirées de la publication Agreste « Prairies. Au 20 août 2026, la pousse cumulée des prairies est largement déficitaire » (Conjoncture – Infos Rapides n° 2026-101, parue le 27 août 2026) et de son fichier de données associé, consultés le 1er septembre 2026. Les valeurs régionales proviennent des onglets « Pousse cumulée par région » et « Données Figure 3 » de ce fichier. Cet article présente l’état de l’information disponible à la date de sa publication et ne se substitue ni à la lecture intégrale de la publication, ni au conseil de votre technicien fourrage.

— La Rédaction

Related Post

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *