Paiement du lait à la qualité : treize laboratoires reconnus pour la France entière, six seulement pour le lait de brebis

RÉGLEMENTATION

Paiement du lait à la qualité : treize laboratoires reconnus pour la France entière, six seulement pour le lait de brebis

— La Rédaction
Publié le 23 août 2026
Lecture : 6 min
Flacons d'échantillons de lait alignés sur une paillasse de laboratoire d'analyses
Laboratoire d’analyses laitières. Photo d’illustration.

Le lait que vous livrez est payé sur des résultats d’analyses. Ces analyses sont confiées à des laboratoires reconnus, et conduites sur des appareils inscrits sur une liste. Deux documents publiés par la direction générale de l’Alimentation disent lesquels. Nous les avons ouverts.

La page « Laboratoires officiels et reconnus en alimentation » du ministère de l’Agriculture héberge, parmi une trentaine de fichiers, deux documents strictement laitiers. Le premier s’intitule « Paiement du lait – Liste des laboratoires reconnus – V11 – 03/02/2025 ». Le second, « Paiement du lait – Liste des appareils et méthodes reconnus V10 – 21/05/2026 ». Ni l’un ni l’autre n’est un texte réglementaire : ce sont les listes opérationnelles qui disent qui analyse, et avec quoi.

Pour un producteur qui livre son lait à une laiterie ou à une coopérative, l’enjeu est direct. Le résultat de ces analyses — matière grasse, matière protéique, cellules somatiques, germes, résidus d’inhibiteurs — détermine la paye du mois. Savoir d’où vient le chiffre n’est pas un détail administratif.

Treize laboratoires pour toute la France

La liste des laboratoires reconnus tient sur une page. Elle comporte treize lignes, une par laboratoire, classées par numéro de département. Douze sont en métropole, un à La Réunion.

Dép. Laboratoire Lait de vache Lait de brebis Lait de chèvre
02 URIA 02 Reconnu
05 LDA 05 Reconnu Reconnu Reconnu
15 LIAL 15 Reconnu Reconnu Reconnu
17 LILCO 17 Reconnu Reconnu Reconnu
32 CIAL 32 Reconnu Reconnu Reconnu
35 LILLAB 35 Reconnu Reconnu Reconnu
39 LDA 39 Reconnu
50 LILANO 50 Reconnu
63 GALILAIT 63 Reconnu Reconnu Reconnu
70 LIAL RIOZ 70 Reconnu Reconnu
74 LDA 74 Reconnu
76 LABI 76 Reconnu
974 ARIAL Reconnu

Les treize sont reconnus pour le lait de vache. Ils ne sont plus que sept pour le lait de chèvre, et six pour le lait de brebis. Le laboratoire de Rioz, en Haute-Saône, est reconnu pour la vache et la chèvre, mais pas pour la brebis.

6C’est le nombre de laboratoires reconnus pour les analyses de lait de brebis dans le cadre du paiement du lait, sur les treize que compte la liste V11 de la DGAL, datée du 3 février 2025. Ils sont sept pour le lait de chèvre et treize pour le lait de vache. Décompte de la rédaction sur le document.

Le document renvoie, pour les adresses complètes, à l’annexe 3 « Coordonnées des laboratoires réalisant des analyses officielles dans le cadre des PSPC ». Il est signé du bureau des laboratoires de la DGAL et porte la date du 3 février 2025.

Antibiotiques, germes, cellules : ce que la DGAL reconnaît

Le second document se divise en trois parties. La première est la « Liste des appareils et des méthodes d’analyses utilisés pour la détermination des critères sanitaires définis dans le règlement (CE) n°853/2004, reconnus par la DGAL ». Elle couvre trois familles : les résidus d’antibiotiques, le dénombrement des germes totaux à 30 °C et le dénombrement des cellules somatiques.

Pour les résidus, deux dispositifs sont nommés : le DELVOTEST, de DSM, en dépistage, et l’EXTENSO, d’UNISENSOR, en confirmation. Pour les germes, cinq appareils : le Bactoscan FC et le Bactoscan FC+ de Foss, le Bactocount IBC, l’IBCm et l’IBC 3.0 de Bentley Instruments. Pour les cellules somatiques, sept : Somacount 150-300-500, Somacount FCM, Fossomatic 5000, Fossomatic FC, Fossomatic 7, Fossomatic 7DC, et le Somascope LFC de Perten Instruments.

Chaque ligne de ce tableau porte trois dates, une par espèce, et elles sont le plus souvent identiques. Trois lignes s’en écartent. Le Bactocount IBC 3.0 porte trois dates distinctes : 15 avril 2025 pour la vache, 17 juin 2025 pour la chèvre, 9 juillet 2025 pour la brebis. Le Somascope LFC porte la même date — 31 juillet 2019 — pour la vache et pour la chèvre, et une case vide pour la brebis. La troisième ne désigne pas un appareil mais une fonction : le « Pilotage du processus d’évaluation technique des laboratoires reconnus », attribué au CNIEL pour le lait de vache (31 juillet 2019), au CNIEL « par délégation de FBL » pour le lait de brebis, et au CNIEL « par délégation de l’ANICAP » pour le lait de chèvre (8 janvier 2020). Dans la colonne brebis, la date n’est pas renseignée : le document affiche « XX/XX/2022 ».

Le tableau des appareils reconnus par la DGAL précise lui-même la portée de ses dates : « Les dates figurant dans le tableau ci-dessus sont, pour les plus récentes, celles des décisions du directeur général et, pour les plus anciennes, celles mentionnées à l’avis publié au Journal Officiel du 26 septembre 2012. La date d’entrée en vigueur des décisions peut être légèrement différente de celle de leur signature. Les éventuelles lignes barrées correspondent à des appareils et méthodes qui ne sont plus utilisés aujourd’hui par les laboratoires reconnus. » Une date de tableau n’est donc pas, à elle seule, une date d’entrée en vigueur. Dans la version V10, aucune ligne n’est barrée.

Composition : trente-trois lignes, six fournisseurs

La deuxième partie est la « Liste des appareils d’analyses utilisables dans le cadre du dispositif du paiement du lait en fonction de sa composition, validés par le CNIEL ». Ce n’est plus la DGAL qui valide, mais l’interprofession.

Ce tableau compte trente-trois lignes. Elles se répartissent entre quatorze appareils distincts, proposés par six fabricants ou distributeurs : FOSS France SAS (quinze lignes), Bentley Instruments (neuf), Grosseron (quatre), Delta Instruments (trois), Humeau (une) et Dutscher (une). Un même appareil peut apparaître plusieurs fois : il est validé paramètre par paramètre.

Les paramètres sont au nombre de quatre. La teneur en matière protéique concentre quatorze lignes, le point de congélation huit, la teneur en matière grasse huit, l’indice de lipolyse trois.

Les dates de validation s’étalent sur trente ans. La plus ancienne remonte au 5 février 1996 et porte sur trois lignes, toutes le Milkoscan 4000 de Foss : matière grasse, matière protéique et point de congélation. La plus récente est du 12 mars 2026 : le JASCO V-730 ST, inscrit sous le nom de Dutscher dans la colonne « fabricant ou distributeur », pour la teneur en matière protéique par spectrophotométrie. C’est la seule ligne du tableau à porter une date de validation en 2026 ; la suivante, dans l’ordre chronologique, est du 22 novembre 2023.

Si vous contestez un résultat d’analyse qui pèse sur votre paye de lait, commencez par identifier le laboratoire qui l’a rendu et vérifiez qu’il figure bien sur la liste V11 des laboratoires reconnus, pour votre espèce — vache, brebis ou chèvre sont trois colonnes distinctes. Demandez ensuite sur quel appareil et selon quelle méthode l’analyse a été conduite, et rapprochez la réponse du tableau des appareils validés. Ces deux documents sont publics et téléchargeables gratuitement.

Les méthodes, et les normes qui les portent

La troisième partie liste les méthodes validées par le CNIEL pour la composition, avec leur référence. La matière grasse relève de la méthode acido-butyrométrique (NF ISO 19662) ou de la spectrométrie moyen infrarouge (CNIEL PROC IR selon la norme NF ISO 9622). La matière protéique relève d’un principe que le document énonce en deux lignes, « Complexométrie (méthode au Noir Amido) » et « Spectrophotométrie UV/Visible », sous la référence NF V04-216, ou de la même spectrométrie infrarouge.

Le point de congélation est couvert par la cryoscopie à thermistance (NF EN ISO 5764, la référence étant assortie de la mention « sauf dosage de l’acidité titrable ») ou par la spectrométrie infrarouge avec ou sans conductimétrie (CNIEL PROC CR IR). L’indice de lipolyse relève de la méthode aux savons de cuivre (CNIEL LIPO) ou de l’infrarouge (CNIEL LIPO IR). Enfin, les spores butyriques — le critère qui hante les fabricants de pâtes pressées — sont dénombrées par la méthode du nombre le plus probable (CNIEL BUTY).

Vous transformez vous-même tout ou partie de votre lait ? Ces listes ne régissent pas vos autocontrôles, qui relèvent d’une autre logique. Elles disent en revanche quels dispositifs l’État et l’interprofession considèrent comme fiables pour les mêmes paramètres. Nous avons détaillé par ailleurs la réglementation applicable à la vente de lait cru.

Questions fréquentes

Combien de laboratoires sont reconnus pour le paiement du lait à la qualité ?

Treize, selon la liste V11 de la direction générale de l’Alimentation datée du 3 février 2025. Douze sont situés en métropole et un à La Réunion. Les treize sont reconnus pour le lait de vache, sept pour le lait de chèvre et six pour le lait de brebis.

Mon lait de brebis peut-il être analysé par n’importe lequel de ces laboratoires ?

Non. La liste comporte une colonne par espèce et un laboratoire n’est reconnu que pour les espèces en regard desquelles figure la mention « Reconnu ». Six laboratoires portent cette mention dans la colonne « Lait de Brebis » : ceux des départements 05, 15, 17, 32, 35 et 63.

Qui valide les appareils utilisés ?

Cela dépend du critère. Pour les critères sanitaires définis dans le règlement (CE) n° 853/2004 — résidus d’antibiotiques, germes totaux à 30 °C, cellules somatiques — la reconnaissance relève de la DGAL. Pour les critères de composition, le document indique que les appareils et les méthodes sont validés par le CNIEL.

Quels paramètres de composition sont couverts ?

Quatre : la teneur en matière grasse, la teneur en matière protéique, le point de congélation et l’indice de lipolyse. La liste des méthodes ajoute un cinquième poste, les spores butyriques, dénombrées par la méthode du nombre le plus probable.

Où trouver ces deux documents ?

Sur la page « Laboratoires officiels et reconnus en alimentation » du site du ministère de l’Agriculture, sous les intitulés « Paiement du lait – Liste des laboratoires reconnus – V11 – 03/02/2025 » et « Paiement du lait – Liste des appareils et méthodes reconnus V10 – 21/05/2026 ». Les deux sont en libre accès, au format PDF.

Sources

Ministère de l’Agriculture, de l’Agro-alimentaire et de la Souveraineté alimentaire, page « Laboratoires officiels et reconnus en alimentation ».

DGAL, « Paiement du lait – Liste des laboratoires reconnus – V11 – 03/02/2025 », PDF.

DGAL, « Paiement du lait – Liste des appareils et méthodes reconnus V10 – 21/05/2026 », PDF.

Les décomptes de laboratoires, de lignes, d’appareils, de fabricants et de paramètres présentés dans cet article ont été établis par la rédaction à la lecture des deux documents cités, dans les versions téléchargées le 23 août 2026. La rédaction n’a pas comparé ces versions aux précédentes. Une précision sur la date du second document : la page du ministère l’annonce en « V10 – 21/05/2026 », et le fichier a été mis en ligne le 21 mai 2026, mais l’en-tête imprimé en haut de ses trois pages indique « Mise à jour : V10 du 21 octobre 2026 » — une date qui, à la parution de cet article, n’est pas encore advenue.

— La Rédaction

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