Prix de revient du lait 2025 : 482 €/1 000 litres selon le Cniel, le repère à confronter à votre prix de vente

L’interprofession laitière vient de publier ses indicateurs de coût de production et de prix de revient pour l’année 2025. Pour une ferme laitière conventionnelle de plaine, le prix de revient s’établit à 482 euros les 1 000 litres, en léger repli. Un chiffre qui sert de base aux négociations entre producteurs et laiteries, mais qui parle aussi à celui qui transforme son propre lait : c’est le prix auquel son atelier devrait « acheter » la matière première.
482 euros les 1 000 litres : un prix de revient quasi stable
Chaque année à la rentrée, en amont des négociations commerciales, le Cniel publie deux indicateurs pour l’atelier lait de vache : le coût de production et le prix de revient. Ils sont calculés à partir des données des centres de gestion et des organismes de conseil en élevage, avec l’appui technique de l’Institut de l’élevage, et servent à objectiver les discussions sur le prix du lait entre organisations de producteurs et transformateurs.
Pour 2025, le coût de production d’une exploitation conventionnelle de plaine ressort en moyenne à 621 euros les 1 000 litres, soit 4 euros de plus qu’en 2024. Son prix de revient s’établit à 482 euros les 1 000 litres, en baisse de 7 euros (− 1,5 %) sur un an. Le mouvement est plus marqué en bio de montagne : 916 euros de coût de production (− 37 euros) et 615 euros de prix de revient (− 10 %).
Ces reculs tranchent avec les hausses observées entre 2023 et 2024, qui avaient atteint + 4,5 % pour le lait conventionnel de plaine et + 6,3 % pour le lait bio de montagne.
| En €/1 000 litres | Conv. plaine 2024 | Conv. plaine 2025 | Conv. montagne 2024 | Conv. montagne 2025 | Bio plaine 2024 | Bio plaine 2025 | Bio montagne 2024 | Bio montagne 2025 |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Coût de production | 617 | 621 | 766 | 750 | 819 | 843 | 953 | 916 |
| Prix de revient | 489 | 482 | 583 | 538 | 565 | 560 | 683 | 615 |
Source : Cniel, indicateurs publiés en septembre 2026, tels que rapportés (tableau) par Réussir Lait. Les indicateurs sont issus de clôtures d’exercices comprises entre le 31 mars et le 31 décembre.
Prix de revient de 1 000 litres de lait de vache conventionnel de plaine en 2025, selon l’indicateur interprofessionnel du Cniel. Il se compare au prix du lait total payé, à teneur réelle en matière grasse et protéique.
Coût de production et prix de revient : ce que mesurent ces deux chiffres
Le coût de production additionne toutes les charges mobilisées par l’atelier lait : charges opérationnelles et de structure, amortissements, et une rémunération forfaitaire des facteurs de production, dont la main-d’œuvre des exploitants comptée à hauteur de 2 Smic par unité de main-d’œuvre dédiée au lait. Il se compare aux produits totaux de l’atelier : lait payé, ventes de veaux et de vaches de réforme, aides rattachables.
Le prix de revient est la différence entre ce coût de production et le montant des aides et des autres produits affectés à l’atelier. Autrement dit, c’est ce que le lait seul doit rapporter pour que l’exploitation couvre ses charges et rémunère son travail au niveau retenu. En 2025, l’écart entre les deux (621 contre 482 euros) représente donc la part des charges couverte par les aides, les veaux et les réformes.
Les chiffres 2024 du tableau publié cette année sont légèrement différents de ceux diffusés en décembre 2025 (par exemple 617 et 489 euros pour le conventionnel de plaine, contre 621 et 491 euros dans la première publication). Les indicateurs interprofessionnels sont révisés au fil des clôtures comptables : les évolutions citées ici (− 7 euros, − 1,5 %) sont calculées sur la base 2024 révisée. Ces moyennes nationales ne décrivent pas votre ferme : seul votre propre calcul de coût de production fait foi.
Des charges stables en 2025, mais 2026 s’annonce à l’opposé
Le Cniel publie aussi trois indicateurs de charges. L’Ipampa, qui suit les charges indexées (aliments achetés, engrais, énergie, entretien du matériel et des bâtiments) et représente environ 58 % des charges totales de l’atelier, est resté stable entre la période août 2025-juillet 2026 et la période précédente. Les charges comptables non indexées (travaux par tiers, fermages, charges sociales et salariales, frais financiers), plus de 23 % du total, sont stables avec une légère tendance à la hausse. Les charges supplétives du travail, du foncier et du capital, 18 % du total, apparaissent en légère baisse.
Cette stabilité ne devrait pas durer. Cité par Réussir Lait, Cédric Garnier, conseiller à la chambre d’agriculture de Normandie, estime que si 2025 s’est montrée une année particulièrement favorable, 2026 s’annonce à l’opposé : hausse des charges d’énergie, d’engrais et de transport d’abord, puis hausse des concentrés et baisse des prix de la viande, conséquences des canicules et de la sécheresse estivale. Selon lui, le prix de revient 2026 « risque fort de s’envoler par rapport à 2025 ».
Face à ce prix de revient, les prix payés restent en retrait. Le baromètre mensuel de Réussir Lait publié le 16 septembre situe les prix de base d’août (lait à 38 g de matière grasse et 32 g de protéines) de Sodiaal, Lactalis et Laïta à 400 euros les 1 000 litres. Dans un communiqué du 14 septembre, la FNPL affirme que « le prix payé par de très nombreux transformateurs ne couvre toujours pas le prix de revient des ateliers lait » et que les éleveurs continuent d’assumer une partie des charges sans pouvoir les répercuter.
Pour le transformateur fermier : le prix auquel votre atelier achète son lait
Si vous transformez votre propre lait, le prix de revient interprofessionnel a une utilité directe : c’est un repère pour fixer le prix de cession interne entre le troupeau et la fromagerie. Un atelier qui valorise son lait bien en dessous de ce niveau affiche une belle marge de transformation, mais c’est l’élevage qui la finance. À l’inverse, un atelier capable de payer le lait à son prix de revient, ou au-dessus, prouve que la transformation crée réellement de la valeur.
Reprenez vos derniers chiffres de fabrication et posez la question simplement : pour chaque litre entré dans la cuve, combien votre atelier reverse-t-il à l’élevage ? Si le montant est inférieur à votre propre prix de revient (ou, faute de calcul, au repère de 482 euros les 1 000 litres), c’est le signal que vos tarifs de fromage, de yaourt ou de beurre méritent d’être revus avant l’hiver, alors que l’aliment et l’énergie renchérissent. Notre méthode pour construire un prix de vente est détaillée ici : Quel prix de vente pour mon fromage fermier ?
Pour situer ce prix de revient face au prix réellement payé au printemps, relisez notre analyse du prix standard de juin : Prix du lait à 417 euros : ce que la baisse change pour le transformateur.
Questions fréquentes
Quel est le prix de revient du lait de vache en 2025 selon le Cniel ?
482 euros les 1 000 litres pour une exploitation conventionnelle de plaine, en baisse de 7 euros (− 1,5 %) par rapport à 2024. Il atteint 538 euros en conventionnel de montagne, 560 euros en bio de plaine et 615 euros en bio de montagne.
Quelle différence entre coût de production et prix de revient ?
Le coût de production additionne toutes les charges de l’atelier lait, y compris une rémunération du travail des exploitants à 2 Smic par unité de main-d’œuvre. Le prix de revient en retranche les aides et les autres produits (veaux, réformes) : c’est ce que le lait seul doit rapporter.
Le coût de production a-t-il augmenté en 2025 ?
Très peu en conventionnel de plaine : 621 euros les 1 000 litres, soit + 4 euros. Il recule en conventionnel de montagne (750 euros) et en bio de montagne (916 euros), et progresse en bio de plaine (843 euros).
À quoi servent ces indicateurs ?
Publiés en amont des négociations commerciales, ils servent de référence dans les discussions sur le prix du lait entre organisations de producteurs et laiteries. Pour un producteur fermier, ils donnent un repère pour valoriser le lait entré dans son atelier de transformation.
Le prix du lait couvre-t-il ce prix de revient ?
Pas pour toutes les laiteries. Selon le baromètre de Réussir Lait, plusieurs grands collecteurs affichent un prix de base de 400 euros les 1 000 litres pour août 2026, et la FNPL estime que le prix payé par de nombreux transformateurs ne couvre pas le prix de revient.
Note méthodologique : les indicateurs cités sont ceux publiés par le Cniel, repris dans le tableau diffusé par Réussir Lait le 15 septembre 2026. La rédaction n’a pas eu accès au tableau de bord complet de l’interprofession. Les propos de la chambre d’agriculture de Normandie et de la FNPL sont cités d’après ce même article.
Sources
Réussir Lait, « L’indicateur prix de revient publié par le Cniel s’établit à 482 €/1 000 litres pour 2025 », 15 septembre 2026, reussir.fr.
Réussir Lait, « Prix du lait : quelle évolution par laiterie ? », baromètre du 16 septembre 2026, reussir.fr.
Réussir Lait, « Le prix de revient du lait publié en 2025 par le Cniel augmente de plus de 4 % », 23 décembre 2025, reussir.fr.
Cniel, « Économie laitière : outiller les acteurs laitiers pour des négociations commerciales transparentes », cniel.com.
— La Rédaction