Shamonda-Europe : 41 départements touchés au 14 septembre, le virus gagne la Mayenne, la Sarthe, l’Isère et la Saône-et-Loire

Le bulletin hebdomadaire de veille sanitaire de la plateforme ESA du 15 septembre recense 41 départements français où le virus Shamonda-Europe a été identifié chez des bovins, contre 37 une semaine plus tôt. Quatre nouveaux départements entrent dans la liste, dont deux du Grand Ouest laitier. La maladie n’est toujours pas réglementée, mais ses effets sur la production de lait sont désormais chiffrés.
Quatre départements de plus en une semaine
Au 14 septembre 2026, le virus Shamonda-Europe a été identifié par RT-PCR dans 41 départements de France hexagonale, tous chez des bovins présentant des symptômes, selon les données de l’Adilva, de l’École nationale vétérinaire de Toulouse et de GDS France reprises dans le bulletin de la plateforme d’épidémiosurveillance en santé animale (ESA) du 15 septembre. Les quatre nouveaux départements de la semaine sont l’Isère, la Mayenne, la Sarthe et la Saône-et-Loire.
La progression est rapide : le bulletin précédent, au 8 septembre, comptait 37 départements, après l’arrivée du virus en Bretagne, en Loire-Atlantique et dans le Sud-Ouest. Début août, les premiers foyers se limitaient à l’est du pays. Nous avions détaillé cette émergence dans notre premier article du 11 août, puis le point du 14 août sur l’absence de liste officielle de départements. La plateforme ESA actualise désormais cette liste chaque semaine.
Départements où le virus a été détecté par RT-PCR au 14 septembre 2026 : Ain, Allier, Alpes-de-Haute-Provence, Hautes-Alpes, Ardèche, Ardennes, Aveyron, Calvados, Cantal, Corrèze, Côte-d’Or, Côtes-d’Armor, Creuse, Doubs, Drôme, Finistère, Haute-Garonne, Gers, Isère, Jura, Loire, Haute-Loire, Loire-Atlantique, Lot, Lozère, Manche, Mayenne, Meurthe-et-Moselle, Meuse, Morbihan, Nièvre, Puy-de-Dôme, Bas-Rhin, Haut-Rhin, Rhône, Savoie, Haute-Savoie, Sarthe, Saône-et-Loire, Tarn, Vosges.
Une chute de production laitière de 15 à 75 %
Le bulletin cite une première étude menée sur neuf exploitations laitières françaises : elle a mis en évidence une chute de production de lait de 15 à 75 %, associée à des diarrhées durant de un à six jours et touchant de 8 à 100 % des animaux selon les élevages, avec abattement, anorexie et, dans une moindre mesure, hyperthermie. Les observations suisses font état d’une période symptomatique de 14 à 21 jours. Selon le bulletin, les impacts pourraient s’accroître dans les prochains mois pour les vaches infectées en cours de gestation, voire pour les petits ruminants.
Le virus, identifié le 31 juillet 2026 par le Friedrich-Loeffler-Institut allemand et l’École vétérinaire de Toulouse, appartient au genre Orthobunyavirus et au groupe Simbu, celui du virus de Schmallenberg. Deux génotypes distincts circulent en Europe : SHAV-EU1 en France, en Suisse et dans le sud de l’Allemagne ; SHAV-EU2 aux Pays-Bas et dans le nord de l’Allemagne. Aucune variation clinique n’a été observée entre les deux à ce stade. Des foyers sont déclarés en Autriche, en Allemagne, en Belgique, en France, au Liechtenstein, aux Pays-Bas et en Suisse ; le Luxembourg a détecté le virus pour la première fois le 25 août.
Le tableau clinique à surveiller dans votre troupeau : diarrhée aiguë soudaine sur plusieurs animaux, fièvre, abattement, refus de manger et baisse brutale du lait au tank. Devant ces signes, appelez votre vétérinaire sans attendre : seule une analyse RT-PCR confirme l’infection. La fiche éleveurs de GDS France et de la SNGTV, datée du 8 septembre, détaille les signes, la transmission et les mesures de prévention.
Pas de réglementation, pas de risque pour le lait
Shamonda-Europe n’est pas une maladie réglementée, ni au niveau français, ni au niveau européen ou international. Comme le rappelle GDS France, il n’y a donc aucune mesure de police sanitaire, aucune restriction de mouvement des animaux et aucune obligation de gestion spécifique. GDS France précise aussi qu’à ce jour, aucun élément ne suggère un risque pour l’être humain ni pour la consommation de lait ou de viande. Aucune interdiction de livrer ou de transformer le lait n’est donc attachée à cette maladie ; restent applicables les règles générales d’hygiène qui imposent que le lait cru provienne d’animaux en bon état de santé général (règlement (CE) n° 853/2004, annexe III, section IX).
La transmission se fait vraisemblablement par des moucherons piqueurs du genre Culicoides, les mêmes vecteurs que la fièvre catarrhale ovine et la maladie hémorragique épizootique. Une nouvelle campagne de piégeage coordonnée par GDS France et le Cirad, lancée en janvier 2026 pour deux ans, a relevé une nette hausse de l’abondance des moucherons dès le mois de mars et un pic fin mai, en cohérence avec un printemps plus chaud que la normale. Les récentes émergences laissent suspecter une activité vectorielle à la fois plus précoce et plus intense.
Avant toute désinsectisation autour des bâtiments, GDS France invite les éleveurs à consulter ses recommandations sur la gestion des vecteurs : certains insecticides présentent un risque pour les colonies d’abeilles voisines. Si vous hébergez des ruches ou si un apiculteur est installé près de vos parcelles, prévenez-le.
Ce que cela change pour l’atelier de transformation
Pour un producteur fermier, le risque n’est pas sanitaire pour le consommateur, il est économique et organisationnel. Une baisse de collecte de 15 à 75 % le temps de l’épisode clinique (quelques jours dans la plupart des cas, jusqu’à deux à trois semaines selon les observations suisses), en pleine période où les stocks de fourrage sont déjà entamés, peut déséquilibrer un planning de fabrication et des engagements de livraison. Le lait d’animaux présentant une diarrhée ou une fièvre relève par ailleurs, comme pour toute affection clinique, des règles habituelles d’exclusion du lait d’animaux malades ; en cas de doute, demandez à votre vétérinaire ou à votre GDS.
Notez dès aujourd’hui votre volume quotidien au tank : c’est votre point de référence pour repérer une chute anormale. Prévenez vos clients réguliers (magasins, restaurateurs, AMAP) qu’une rupture temporaire est possible cet automne et identifiez les fabrications à prioriser si le lait vient à manquer. Enfin, signalez tout cas suspect à votre GDS : la liste des départements est construite à partir des analyses réalisées sur le terrain.
Questions fréquentes
Combien de départements sont touchés par Shamonda-Europe ?
41 départements au 14 septembre 2026, selon le bulletin de veille sanitaire internationale de la plateforme ESA du 15 septembre. Quatre sont nouveaux cette semaine : Isère, Mayenne, Sarthe et Saône-et-Loire.
Quels sont les symptômes chez les vaches laitières ?
Diarrhée aiguë de un à six jours, fièvre, abattement, anorexie et chute de la production laitière de 15 à 75 %, d’après une première étude sur neuf exploitations françaises. La période symptomatique observée en Suisse est de 14 à 21 jours.
Le lait des vaches atteintes peut-il être consommé ?
Selon GDS France, aucun élément ne suggère à ce jour un risque pour l’être humain ni pour la consommation de lait ou de viande. Les règles générales d’hygiène sur le lait cru d’animaux en bon état de santé restent applicables.
Y a-t-il des restrictions de mouvement ?
Non. La maladie n’est pas réglementée : aucune mesure de police sanitaire, aucune restriction de mouvement ni obligation de gestion spécifique ne s’appliquent.
Comment le virus se transmet-il ?
Vraisemblablement par des moucherons piqueurs du genre Culicoides, comme les virus de Schmallenberg et de la fièvre catarrhale ovine. Les modalités d’introduction et de diffusion en Europe restent inconnues.
Note méthodologique : la liste des départements et les données cliniques proviennent du bulletin hebdomadaire de veille sanitaire internationale en santé animale de la plateforme ESA publié le 15 septembre 2026, tel que repris et recoupé par Réussir Lait (mise à jour du 18 septembre) et par les GDS régionaux. Les informations réglementaires et sur la consommation proviennent de la page Shamonda-Europe de GDS France, mise à jour le 9 septembre 2026.
Sources
Plateforme ESA, « Bulletin hebdomadaire de veille sanitaire internationale en santé animale du 15/09/2026 », plateforme-esa.fr.
GDS France, « Shamonda-Europe », publié le 21 août 2026, mis à jour le 9 septembre 2026, gdsfrance.org.
Réussir Lait, « Shamonda Europe : combien de nouveaux cas détectés en France ? », 9 septembre 2026, mise à jour le 18 septembre 2026, reussir.fr.
— La Rédaction