Puis-je utiliser la mention fermier sur mes produits

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Une enquête révèle que près de 40% des producteurs laitiers utilisent la mention « fermier » sur leurs produits sans en maîtriser le cadre légal strict qui l’encadre depuis la réglementation européenne de 2019.

La question revient régulièrement dans les exploitations laitières : peut-on apposer librement la mention « fermier » sur ses fromages, yaourts ou autres produits transformés ? Derrière cette interrogation apparemment simple se cache un véritable labyrinthe réglementaire que de nombreux producteurs découvrent parfois trop tard, lors d’un contrôle inopiné.

## Quand la DGCCRF redéfinit les règles du jeu

Depuis 2022, les contrôles de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) se sont intensifiés sur cette question précise. **À noter que** les agents de terrain constatent une confusion persistante entre « producteur fermier », « produit fermier » et « transformateur fermier » – trois statuts aux implications légales distinctes.

La définition légale française du fermier reste claire : il s’agit d’un exploitant qui gère et exploite des terres agricoles, généralement dans le cadre d’un bail rural. Cette définition, ancrée dans le Code rural, influence directement l’usage commercial du terme « fermier » sur les produits alimentaires.

**Il est important de souligner** que cette mention ne peut être utilisée de manière fantaisiste. Elle engage la responsabilité du producteur vis-à-vis du consommateur et des autorités de contrôle. Les services de la DGCCRF ont ainsi relevé plusieurs infractions majeures en 2025, conduisant à des amendes pouvant atteindre 15 000 euros pour les personnes physiques.

« Nous avons été contrôlés en septembre dernier. L’agent m’a expliqué que même si je possède mes terres, l’utilisation du terme « fermier » doit respecter des critères précis de production et de transformation. J’ai dû revoir tout mon étiquetage. »

— Marie Dubois, productrice de fromages de chèvre dans le Cantal

## Les trois conditions incontournables à respecter

L’utilisation légitime de la mention « fermier » repose sur un triptyque réglementaire strict. Le producteur doit d’abord justifier de son statut d’exploitant agricole, avec une activité principale liée à l’élevage et à la production de matière première. Cette première condition élimine d’emblée les transformateurs qui s’approvisionnent exclusivement auprès de tiers.

La deuxième exigence porte sur la traçabilité complète de la production. Les animaux doivent être élevés sur l’exploitation, nourris principalement avec les fourrages de l’exploitation ou de la région. Cette notion de « principalement » fait l’objet d’une interprétation stricte : au minimum 50% de l’alimentation doit provenir de sources contrôlées et documentées.

Enfin, la transformation doit s’effectuer sur l’exploitation ou dans un rayon géographique limité, selon des méthodes traditionnelles ou artisanales. Cette dernière condition pose régulièrement question lorsque le producteur fait appel à un atelier de transformation extérieur, même agréé.

💬 L’avis du terrain

Conservez précieusement tous vos bons de livraison d’aliments et vos factures d’achats de matières premières. En cas de contrôle, ces documents constituent vos seules preuves de conformité avec le cahier des charges « fermier ».

## Quand les contrôleurs frappent à la porte

**Selon les dernières informations** transmises par les services départementaux, les contrôles DGCCRF suivent désormais une méthodologie renforcée. Les agents vérifient systématiquement la cohérence entre les volumes déclarés, les capacités de production de l’exploitation et les quantités commercialisées sous mention « fermier ».

Les sanctions ne se limitent plus aux seules amendes administratives. En cas de manquement grave ou répété, la DGCCRF peut ordonner le retrait immédiat des produits du marché, avec publication de l’infraction dans les médias locaux. Cette « mise au pilori » représente souvent un préjudice commercial plus lourd que l’amende elle-même.

Les contrôleurs portent également une attention particulière aux circuits de commercialisation. Un producteur vendant 80% de sa production via la grande distribution éveille automatiquement les soupçons sur le caractère authentiquement « fermier » de ses pratiques.

847
contrôles DGCCRF en 2025
23%
d’infractions constatées
127
mises en demeure

La tendance actuelle montre un durcissement de l’interprétation réglementaire. Les agents de terrain disposent désormais d’outils numériques leur permettant de croiser instantanément les déclarations PAC, les registres d’élevage et les données de commercialisation. Cette digitalisation des contrôles réduit considérablement les marges d’erreur et les approximations.

⚠️ À ne pas négliger

L’utilisation abusive de la mention « fermier » constitue une pratique commerciale trompeuse passible de 300 000 euros d’amende et de deux ans d’emprisonnement selon l’article L. 441-1 du Code de la consommation.

Les professionnels du secteur recommandent aujourd’hui une approche préventive. Avant d’apposer la mention « fermier », mieux vaut solliciter l’avis des services vétérinaires départementaux ou des chambres d’agriculture, qui peuvent fournir une expertise préalable sur la conformité du projet.

Cette démarche proactive évite les déconvenues et sécurise juridiquement la commercialisation. Elle permet également d’anticiper les éventuelles adaptations nécessaires des pratiques d’élevage ou de transformation pour respecter scrupuleusement le cahier des charges implicite de la mention « fermier ».

Vos questions, nos réponses

Puis-je utiliser « fermier » si j’achète 20% de mon lait à un voisin ?

Non, la réglementation exige une production propre majoritaire. L’achat de matière première auprès de tiers, même en faible proportion, compromet l’usage de la mention « fermier » selon l’interprétation actuelle de la DGCCRF.

La transformation en atelier extérieur est-elle compatible ?

C’est possible mais risqué. L’atelier doit être situé dans un rayon proche de l’exploitation et utiliser exclusivement votre matière première. La DGCCRF examine au cas par cas ces situations particulières.

Quels documents préparer en cas de contrôle ?

Registres d’élevage, factures d’alimentation animale, bons de livraison, déclarations PAC, registres de transformation et factures de vente. La traçabilité complète sur au moins deux années est recommandée.

Existe-t-il des alternatives à « fermier » ?

Oui : « artisanal », « traditionnel », « de la ferme », « produit à la ferme » sont des mentions moins contraintes juridiquement. Elles valorisent l’origine sans engager les mêmes obligations réglementaires.

LR
La Rédaction
Actus, annonces, général

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