Aliments pour animaux importés : trente-quatre lignes de contrôles en poste frontalier s’ajoutent au tableau des plans 2026 de la DGAL

Le tableau technique des plans de surveillance et de contrôle de la DGAL a été publié dans une nouvelle version le 18 août. Trente-quatre de ses lignes portent une note indiquant qu’elles ne figuraient pas dans la version précédente. Elles relèvent toutes d’un même plan : les contrôles d’aliments pour animaux réalisés à l’importation.
La page « Laboratoires officiels et reconnus en alimentation » du ministère de l’Agriculture, datée du 18 août 2026, met à disposition un classeur intitulé « 2026 – PSPC liste des laboratoires agréés et données techniques générales par couple analyte matrice », en version V5 du 18/08/2026. Sa première cellule porte la mention « DATE DE MISE EN APPLICATION : 18/08/2026 ». Ce document n’est pas un texte réglementaire : c’est l’outil de travail qui indique, pour chaque couple analyte/matrice prélevé par les services de l’État, quels laboratoires sont compétents, quelle quantité prélever, à quelle température et sous quel délai.
Le classeur compte 1 101 lignes de données, réparties entre 34 intitulés de plans. Sa dernière colonne, « Nature de la modification apportée par rapport à la version précédente », est renseignée sur 89 lignes. Trente-quatre d’entre elles portent exactement la même mention.
Une note répétée trente-quatre fois
Les lignes concernées ferment le fichier et portent toutes l’intitulé de plan « Plan aliments pour animaux en PCF ». En regard de chacune, la note dit : « Ligne non présente dans la version précédente (mais plan identique à l’année dernière) ».
La formule est à lire dans les deux sens. Elle indique qu’il ne s’agit pas d’un durcissement des contrôles : le plan existait déjà l’année précédente dans les mêmes termes. Elle indique aussi que ces trente-quatre couples analyte/matrice ne figuraient pas dans le tableau que consultent les laboratoires et les services d’inspection. Un second indice va dans ce sens : la colonne « n° plan Sigal », renseignée sur les 1 067 autres lignes du classeur sans exception, est vide sur les trente-quatre.
Lignes du classeur technique du dispositif PSPC, version du 18 août 2026, portant la mention « Ligne non présente dans la version précédente (mais plan identique à l’année dernière) ». Toutes appartiennent au « Plan aliments pour animaux en PCF ». Décompte de la rédaction, effectué sur le classeur publié par le ministère de l’Agriculture.
Ce que ces trente-quatre lignes font contrôler
Les trente-quatre lignes présentent un profil homogène. Toutes relèvent de la nature de plan « SURVEILLANCE », toutes portent la filière « alimentation animale », toutes indiquent le stade de prélèvement « import », toutes prévoient une conservation à température « ambiante ». Le délai maximal entre le prélèvement et la réception au laboratoire est de 30 jours sur trente-trois d’entre elles ; la trente-quatrième, qui vise les salmonelles, descend à « 7j (15j max) ».
Dix analytes se partagent ces lignes :
| Analyte recherché | Nombre de lignes |
|---|---|
| Dioxines PCB | 9 |
| As Cd Pb (arsenic, cadmium, plomb) | 4 |
| Fluor | 4 |
| Aflatoxine B1 | 4 |
| Organochlorés et autres résidus de pesticides | 4 |
| OGM | 4 |
| Impuretés botaniques et ambroisie | 2 |
| Gossypol libre | 1 |
| Constituants d’origine animale par microscopie | 1 |
| Salmonelles | 1 |
Dix-neuf matrices différentes sont visées. La plus fréquente est l’« aliment composé origine non animale », qui revient six fois, devant les « Grains de céréales, leurs produits et sous-produits (céréales) » (quatre lignes), les « minéraux » et les « pré-mélanges » (trois lignes chacun). Le reste couvre les graines et fruits oléagineux et leurs tourteaux, les additifs, les tubercules et racines, les grains de maïs ou encore la coque de cacao. Les quantités à prélever vont de 500 grammes, valeur de loin la plus courante, à 3 kilogrammes pour la recherche d’OGM sur grains de maïs. Onze laboratoires sont cités sur ces trente-quatre lignes ; celui que le fichier désigne par « SCL 35 » apparaît sur seize d’entre elles, davantage que tout autre.
Pourquoi cela concerne l’amont d’un atelier laitier
Ces contrôles ne portent ni sur du lait ni sur des produits laitiers : ils portent sur ce qui entre dans les rations. Tourteaux, céréales, minéraux, pré-mélanges, additifs, aliments composés d’origine non animale : la liste recoupe l’essentiel de ce qu’un élevage laitier achète à l’extérieur pour compléter sa ration.
Deux analytes retiennent l’attention pour un producteur de lait. L’aflatoxine B1, recherchée sur quatre des trente-quatre lignes, est celle dont dérive l’aflatoxine M1, que le classeur fait par ailleurs rechercher dans le lait cru de vache, de brebis et de chèvre, et à laquelle le magazine a consacré un article sur la teneur maximale en aflatoxine M1 du lait. Les dioxines et PCB, recherchés sur neuf lignes, figurent également dans le classeur au titre du lait cru : on y trouve, sous un autre intitulé de plan, des lignes « Lait de vache cru », « Lait de brebis cru » et « Lait de chèvre cru » pour les PCDD/F, PCB-DL et PCB-NDL. Le même contaminant est donc suivi à deux bouts de la chaîne : à l’entrée sur le territoire, et dans le tank.
Le classeur technique du dispositif PSPC ne crée aucune obligation à la charge d’un exploitant. Il décrit l’organisation des prélèvements officiels et la répartition des analyses entre laboratoires agréés. Il ne se substitue pas au plan de maîtrise sanitaire de l’atelier ni aux autocontrôles que l’exploitant met en oeuvre pour son compte.
Le dispositif dont relèvent ces lignes
Le ministère de l’Agriculture décrit le dispositif comme celui par lequel « la direction générale de l’alimentation (DGAl) pilote et coordonne la mise en oeuvre d’un dispositif officiel de plans de surveillance et de contrôle (PSPC) », couvrant « la contamination chimique, biologique ou physique des productions primaires (animale et végétale), des denrées alimentaires d’origine animale et végétale, et de l’alimentation animale ». La même page ajoute : « Des prélèvements sont également réalisés aux frontières de l’Europe, au niveau des postes de contrôles frontaliers, pour vérifier la conformité des denrées importées avec les exigences européennes ». C’est cette part du dispositif que décrivent les trente-quatre lignes.
Si vous achetez des matières premières importées pour compléter vos rations, demandez à votre fournisseur les bulletins d’analyse correspondant aux analytes suivis par le plan aliments pour animaux en poste de contrôle frontalier : aflatoxine B1, dioxines et PCB, arsenic-cadmium-plomb. Ce sont trois des dix analytes suivis par ce plan.
Questions fréquentes
Ces trente-quatre lignes correspondent-elles à de nouveaux contrôles ?
La note portée par le fichier en regard de chacune d’elles précise « Ligne non présente dans la version précédente (mais plan identique à l’année dernière) ». Le plan existait donc déjà l’année précédente dans les mêmes termes. Ce qui change au 18 août 2026, c’est la présence de ces lignes dans le tableau technique publié par le ministère.
Que signifie « PCF » dans l’intitulé du plan ?
Le sigle désigne le poste de contrôle frontalier, point d’entrée où sont réalisés les contrôles sanitaires et phytosanitaires des marchandises en provenance de pays tiers. Le classeur n’en donne pas la définition ; il indique en revanche, pour les trente-quatre lignes, un stade de prélèvement « import » et une filière « alimentation animale ».
Un producteur de lait est-il directement contrôlé au titre de ce plan ?
Non. Les prélèvements de ce plan sont réalisés au stade de l’importation, sur des matières premières et des aliments composés, et non en élevage. Le classeur comporte par ailleurs, sous d’autres intitulés de plans, des lignes visant le lait cru de vache, de brebis et de chèvre.
Quels analytes sont les plus représentés dans ce plan ?
Les dioxines et PCB, avec neuf lignes sur trente-quatre. Viennent ensuite, à quatre lignes chacun, le groupe arsenic-cadmium-plomb, le fluor, l’aflatoxine B1, les résidus organochlorés et autres pesticides, et la recherche d’OGM.
Où consulter ce document ?
Le classeur est téléchargeable depuis la page « Laboratoires officiels et reconnus en alimentation » du site du ministère de l’Agriculture, sous l’intitulé « 2026 – PSPC liste des laboratoires agréés et données techniques générales par couple analyte matrice V5 – 18/08/2026 ».
Sources
Ministère de l’Agriculture, de l’Agro-alimentaire et de la Souveraineté alimentaire, page « Laboratoires officiels et reconnus en alimentation », datée du 18 août 2026, et classeur « 2026 – PSPC liste des laboratoires agréés et données techniques générales par couple analyte matrice V5 – 18/08/2026 ».
Ministère de l’Agriculture, page « Plans de surveillance et de contrôle », datée du 28 avril 2026.
Les décomptes de lignes, d’intitulés de plans, d’analytes, de matrices et de laboratoires présentés dans cet article ont été établis par la rédaction sur le classeur portant la date de mise en application du 18 août 2026. Ils sont reproductibles à l’ouverture de ce fichier. Le décompte des intitulés de plans est effectué après suppression des espaces de fin, deux intitulés du classeur ne différant que par ce détail. La comparaison avec la version précédente est celle que porte le classeur lui-même, dans sa dernière colonne ; la rédaction ne l’a pas refaite.
— La Rédaction