Dermatose nodulaire : Bruxelles repousse de quarante-neuf jours la fin des zones sardes, sans nouveau foyer aux considérants

RÉGLEMENTATION

Dermatose nodulaire : Bruxelles repousse de quarante-neuf jours la fin des zones sardes, sans nouveau foyer aux considérants

— La Rédaction
Publié le 22 août 2026
Lecture : 5 min
Paysage de pâture insulaire en fin de journée
Paysage de pâture méditerranéenne. Photo d’illustration.

Les zones de protection et de surveillance installées autour des foyers sardes de dermatose nodulaire contagieuse devaient tomber entre le 14 et le 31 août. Elles ne tomberont désormais qu’entre le 2 et le 19 octobre. Le fait invoqué tient en un considérant : l’Italie a notifié à la Commission des retards persistants dans l’application des mesures de lutte, pour le foyer d’Escalaplano.

La décision d’exécution (UE) 2026/1949 de la Commission, du 13 août 2026, a été publiée au Journal officiel de l’Union européenne, série L, le 18 août 2026. Elle est notifiée sous le numéro C(2026) 5847 et précise que « le texte en langue italienne est le seul faisant foi ». Elle tient en deux articles. Le premier dispose que « les annexes de la décision d’exécution (UE) 2025/1582 sont remplacées par le texte figurant à l’annexe de la présente décision ». Le second désigne le destinataire : « la République italienne ». Le texte est signé par Olivér Várhelyi, membre de la Commission, et se fonde sur l’article 259, paragraphe 1, du règlement (UE) 2016/429 sur la santé animale.

Ce qui change : quatre dates, sept semaines

La décision remplace intégralement les annexes de la décision d’exécution (UE) 2025/1582 du 29 juillet 2025, qui a abrogé et remplacé la décision d’exécution (UE) 2025/1318 et a été publiée au Journal officiel du 1er août 2025. La version précédente de ces annexes résultait de la décision d’exécution (UE) 2026/1765 du 14 juillet 2026, publiée au Journal officiel du 16 juillet 2026. Le rapprochement des deux annexes I donne le tableau suivant.

Zone (Sardaigne) Décision 2026/1765 Décision 2026/1949
Zone de protection, rayon de 20 km 14.8.2026 2.10.2026
Zone de surveillance, rayon de 20 km 15.8.2026-31.8.2026 3.10.2026 – 19.10.2026
Zone de surveillance, rayon de 50 km 31.8.2026 19.10.2026

49 jours

Les trois lignes de l’annexe I de la décision d’exécution (UE) 2025/1582, telle que remplacée par la décision d’exécution (UE) 2026/1949, portent quatre échéances : la fin de la zone de protection, les deux bornes de la zone de surveillance de 20 kilomètres et la fin de la zone de surveillance de 50 kilomètres. Chacune recule d’exactement quarante-neuf jours, soit sept semaines : le 14 août devient le 2 octobre, le 15 août le 3 octobre, et les deux échéances fixées au 31 août deviennent le 19 octobre. Ce décompte est celui de la rédaction ; les décisions ne l’énoncent pas.

Un motif qui n’est pas nouveau

Le cinquième considérant expose le fait à l’origine de la prolongation. Depuis la modification précédente, indique-t-il, l’Italie a, « en ce qui concerne le foyer confirmé dans la commune d’Escalaplano (Sardaigne), notifié à la Commission des retards persistants dans l’application des mesures de lutte contre la maladie requises en cas de confirmation officielle de l’apparition d’un foyer d’une maladie de catégorie À chez des animaux détenus dans un établissement, conformément à l’article 12 du règlement délégué (UE) 2020/687 ». La catégorie en cause est la catégorie A : le Journal officiel imprime ici un « À » accentué, là où la décision de juillet imprimait un « A ».

Ce motif figurait déjà, à un accent près, dans la décision d’exécution (UE) 2026/1765 du mois précédent — mais il n’y venait qu’en second. Le cinquième considérant de juillet exposait d’abord que l’Italie avait notifié « l’apparition d’un foyer d’infection par le virus de la dermatose nodulaire contagieuse dans un établissement détenant des bovins de la commune de Samugheo, en Sardaigne, signalé le 9 juillet 2026 », et que « l’Italie a réagi à l’apparition de ce foyer en établissant des zones de protection et de surveillance en Sardaigne ». Le considérant sur les retards d’Escalaplano n’arrivait qu’ensuite, introduit par un « également ». En août, ce « également » a disparu, et avec lui la mention de tout foyer nouveau.

Contrôle de la rédaction sur les considérants de la décision d’exécution (UE) 2026/1949 : le mot « foyer » y apparaît cinq fois, et aucune de ces cinq occurrences ne signale un foyer nouvellement notifié. Trois relèvent du rappel réglementaire (le mode de transmission, la règle de zonage du règlement délégué (UE) 2020/687, l’objet de la décision d’exécution (UE) 2025/1582), les deux autres figurent dans le considérant consacré au foyer d’Escalaplano, que la décision de juillet mentionnait déjà comme confirmé. Dans la décision de juillet, le même mot apparaissait sept fois, dont deux pour le foyer de Samugheo.

Le sixième considérant tire la conséquence : il est « essentiel de modifier la durée des mesures de lutte contre la maladie applicables dans les zones de protection et de surveillance », cette modification tenant compte « du risque important qui résulte de la circulation ininterrompue et de la propagation potentielle de la maladie au-delà des zones actuellement touchées tant que les mesures de lutte contre la maladie ne sont pas intégralement mises en œuvre ».

Les foyers listés, eux, n’ont pas bougé

L’annexe I range les zones sous une liste de numéros de référence ADIS. Rapprochement de la rédaction entre les deux versions : ces numéros sont repris à l’identique, au nombre de dix — IT-LSD-2026-00001, puis IT-LSD-2026-00003 à IT-LSD-2026-00011. La référence 00002 ne figure dans aucune des deux annexes. Aucun numéro n’a été ajouté, aucun n’a été retiré, et les vingt valeurs de coordonnées géographiques des centres de cercle sont identiques d’une version à l’autre. Trois écarts, non chiffrés : la ponctuation de plusieurs coordonnées a été rectifiée ; un « 9 » surnuméraire, présent dans les trois lignes de l’annexe de juillet devant l’une des longitudes, a disparu ; et le libellé de la zone administrative passe du français « Sardaigne » à l’anglais « Sardinia region ».

Ce qui est reconduit

Les zones de vaccination de l’annexe II sont reprises dans les mêmes termes : la Sardaigne entière en zone de vaccination II, la région de la Vallée d’Aoste entière en zone de vaccination I, l’une et l’autre « jusqu’au dernier jour de la période de rétablissement visée à la partie 4 de l’annexe IX du règlement délégué (UE) 2023/361 ». Le huitième considérant ajoute que la vaccination « devrait se poursuivre conformément au plan de vaccination officiel de l’Italie, daté du 1er juillet 2025 ».

L’interdiction de mouvements est maintenue elle aussi, et elle est bornée par l’annexe. Le septième considérant rappelle que l’article 2 de la décision d’exécution (UE) 2025/1582 « interdit les mouvements de bovins à partir des zones de protection et de surveillance définies à l’annexe I de ladite décision d’exécution vers des destinations situées en dehors du périmètre extérieur de ces zones en Italie ou en dehors de cet État membre jusqu’aux dates mentionnées dans ladite annexe », et conclut qu’il « convient que cette interdiction continue de s’appliquer ». Puisque ce sont ces dates qui reculent de quarante-neuf jours, l’interdiction recule avec elles. Elle porte sur les bovins : la dermatose nodulaire contagieuse est une maladie des bovins.

Où en est la France

Le point de situation publié par le ministère de l’Agriculture, daté du 11 août 2026, rappelle que la maladie a été détectée en France « pour la première fois, le 29 juin 2025 en Savoie ». Entre cette date et le 2 janvier 2026, cent dix-sept foyers ont été détectés sur le territoire ; la page précise qu’« aucun nouveau foyer n’a été détecté en France depuis le 2 janvier 2026 ». Sept zones réglementées ont été instaurées depuis le premier foyer, « toutes levées depuis le 27 février ». Une zone de surveillance avait par ailleurs été instaurée sur une partie des Hautes-Pyrénées à la suite d’un foyer détecté en Espagne le 28 février ; selon la même page, « cette dernière zone a été levée au 22 avril 2026 ».

La même page indique que trois pays européens ont marqué leur accord pour recevoir sous conditions des bovins issus des zones vaccinales françaises : l’Italie, la Suisse et l’Espagne. Les décisions successives de la Commission portent sur les zones sardes et sur la Vallée d’Aoste ; elles ne se prononcent pas sur ces flux d’entrée en Italie, qui relèvent de l’accord du pays de destination.

Si vous transformez du lait de vache, retenez d’abord ce que le ministère écrit de la maladie : la dermatose nodulaire contagieuse « n’est pas transmissible à l’Homme, ni par contact avec des bovins infectés, ni par la consommation de produits issus de bovins contaminés, ni par piqûres d’insectes vecteurs ». Votre lait et vos fromages ne sont pas en cause : ce sont les mouvements d’animaux qui sont réglementés. Pour un mouvement au départ d’une zone vaccinale française à destination d’un élevage en zone indemne, la page ministérielle énumère quatre conditions : bovins vaccinés depuis plus de vingt-huit jours, élevage de départ présentant un taux de couverture vaccinale suffisant depuis plus de vingt-huit jours, examen clinique favorable du vétérinaire sanitaire quarante-huit heures avant le départ, et laissez-passer délivré par la direction départementale en charge de la protection des populations. À destination d’un abattoir, elle en pose deux : transport direct sans rupture de charge et abattage dans les vingt-quatre heures.

Ne figurent dans aucun des textes cités et relèvent d’un décompte de la rédaction : l’écart de quarante-neuf jours entre les dates des deux annexes, le constat que les dix références ADIS sont identiques d’une version à l’autre, et le comptage des occurrences du mot « foyer » dans les considérants de chacune des deux décisions. Le rapprochement a été fait entre l’annexe de la décision d’exécution (UE) 2026/1765 et celle de la décision d’exécution (UE) 2026/1949, dans leurs versions françaises publiées au Journal officiel de l’Union européenne — étant précisé que, dans cette version française, le corps de l’annexe I est rédigé en anglais.

Cet article présente des textes réglementaires à titre d’information générale et ne constitue pas un conseil juridique. Pour une situation particulière, rapprochez-vous de votre direction départementale en charge de la protection des populations.

Questions fréquentes

Jusqu’à quand les zones réglementées sardes sont-elles maintenues ?

Selon l’annexe I telle que remplacée par la décision d’exécution (UE) 2026/1949, la zone de protection court jusqu’au 2 octobre 2026, la zone de surveillance de 20 kilomètres du 3 au 19 octobre 2026, et la zone de surveillance de 50 kilomètres jusqu’au 19 octobre 2026.

Pourquoi la Commission a-t-elle prolongé ces mesures ?

Le cinquième considérant de la décision d’exécution (UE) 2026/1949 indique que l’Italie a notifié à la Commission des retards persistants dans l’application des mesures de lutte contre la maladie, s’agissant du foyer confirmé dans la commune d’Escalaplano, en Sardaigne. Le considérant suivant justifie la modification par le risque de propagation tant que ces mesures ne sont pas intégralement mises en œuvre.

Un foyer nouveau a-t-il été notifié à l’appui de cette prolongation ?

Les considérants de la décision d’exécution (UE) 2026/1949 n’en mentionnent aucun : les cinq occurrences du mot « foyer » qu’ils comportent relèvent du rappel réglementaire ou visent le foyer d’Escalaplano, déjà confirmé. Ce comptage est celui de la rédaction. La décision d’exécution (UE) 2026/1765 du mois précédent mentionnait au contraire un foyer signalé le 9 juillet 2026 dans la commune de Samugheo.

Les foyers listés à l’annexe ont-ils changé ?

Le rapprochement effectué par la rédaction entre l’annexe issue de la décision d’exécution (UE) 2026/1765 et celle issue de la décision d’exécution (UE) 2026/1949 montre les mêmes dix numéros de référence ADIS, sans ajout ni retrait, et les mêmes vingt valeurs de coordonnées géographiques. Outre les dates, le libellé de la zone administrative passe de « Sardaigne » à « Sardinia region », la ponctuation de plusieurs coordonnées a été rectifiée et un chiffre surnuméraire a disparu devant l’une des longitudes.

La dermatose nodulaire contagieuse présente-t-elle un risque pour le consommateur de produits laitiers ?

Non. Le point de situation du ministère de l’Agriculture du 11 août 2026 indique que la maladie n’est pas transmissible à l’Homme, ni par contact avec des bovins infectés, ni par la consommation de produits issus de bovins contaminés, ni par piqûres d’insectes vecteurs.

Quelles zones de vaccination sont en vigueur en Italie ?

L’annexe II, telle que remplacée, place l’intégralité du territoire de la Sardaigne en zone de vaccination II et l’intégralité du territoire de la région de la Vallée d’Aoste en zone de vaccination I, dans les deux cas jusqu’au dernier jour de la période de rétablissement visée à la partie 4 de l’annexe IX du règlement délégué (UE) 2023/361.

Sources.

Décision d’exécution (UE) 2026/1949 de la Commission du 13 août 2026 modifiant les annexes de la décision d’exécution (UE) 2025/1582 concernant certaines mesures d’urgence relatives à l’infection par le virus de la dermatose nodulaire contagieuse en Italie, JO L, 2026/1949, 18.8.2026 — texte sur EUR-Lex.

Décision d’exécution (UE) 2026/1765 de la Commission du 14 juillet 2026 modifiant les annexes de la décision d’exécution (UE) 2025/1582, JO L, 2026/1765, 16.7.2026 — texte sur EUR-Lex.

Décision d’exécution (UE) 2025/1582 de la Commission du 29 juillet 2025 concernant certaines mesures d’urgence relatives à l’infection par le virus de la dermatose nodulaire contagieuse en Italie et abrogeant la décision d’exécution (UE) 2025/1318, JO L, 2025/1582, 1.8.2025 — texte sur EUR-Lex.

Ministère de l’Agriculture, de l’Agro-alimentaire et de la Souveraineté alimentaire, « Dermatose nodulaire contagieuse des bovins (DNC) : point de situation », page datée du 11 août 2026 — agriculture.gouv.fr.

— La Rédaction

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